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Le coup de marteau de David Perron

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Lorsqu’il a appris qu’il poursuivrait sa carrière avec les Golden Knights de Vegas, en juin dernier, David Perron n’a pas sauté de joie. Bien au contraire.

Rencontré par «Le Journal de Montréal» plus tôt cette semaine, l’attaquant québécois a levé le voile sur les coulisses qui l’ont mené à devenir une sélection de l’équipe d’expansion.

«J’étais bien à Saint-Louis, où j’avais un rôle très défini, où j’étais utilisé à toutes les sauces, a raconté Perron. C’est pour cette raison que j’étais déçu de partir même si je savais que les Blues avaient des choix difficiles à faire.

«Ils ne m’ont pas protégé, notamment parce qu’ils avaient plusieurs joueurs avec des contrats à long terme.»

Dans les journées qui ont précédé le repêchage, les Blues auraient tenté d’en venir à une entente afin que les Golden Knights décident de sélectionner un autre joueur que Perron.

«Ils n’ont pas réussi à conclure une transaction, a précisé le Québécois. À travers toutes les conversations que j’ai eues avec les dirigeants de l’équipe, ils étaient convaincus que Las Vegas regarderait du côté de notre défense. C’est ce qu’on m’a raconté et que j’ai essayé de comprendre.»

Toutefois, ils se sont fait jouer un tour par la nouvelle équipe de la LNH alors qu’ils ont décidé de jeter leur dévolu sur le hockeyeur originaire de Sherbrooke.

«Le soir du repêchage, j’étais très déçu d’avoir été sélectionné par les Golden Knights, a-t-il confié. J’ai eu l’impression de recevoir un coup de marteau en plein visage.»

Le facteur Gallant

Après avoir accepté sa nouvelle réalité, Perron a décidé d’avoir une vue globale de la situation.

«Lorsque je me suis réveillé le lendemain matin, la première chose à laquelle j’ai pensé, c’est que je serais dirigé par Gerard Gallant, a expliqué celui qui a amassé 378 points en 652 parties dans la LNH. Par la suite, je suis entré en contact avec quelques Québécois qui avaient des chances de se retrouver à Las Vegas comme Marc-André Fleury et d’autres, joueurs que je connaissais.

«Après ces conversations, j’ai été grandement motivé.»

Pour en revenir à Gallant, Perron n’a entendu que de bons mots à son sujet.

«Je lui ai parlé à quelques reprises depuis mon arrivée en ville et il semble être un gentleman. Je suis extrêmement heureux de pouvoir jouer sous ses ordres. J’ai hâte de pouvoir le côtoyer quotidiennement et d’avoir la chance de jouer avec d’autres joueurs québécois.»

Ça sent le neuf

En plus d’être excité à l’idée de jouer pour Gallant, il y a un autre aspect qui a rassuré Perron: les installations des Golden Knights.

Le domicile de la formation d’expansion, le T-Mobile arena, a été inauguré l’an dernier. Quant au centre d’entraînement, il a ouvert ses portes il y a deux semaines.

«Tout est nouveau, a-t-il fait remarquer. On n’arrive pas dans une ville où il y a un vieil aréna ou un amphithéâtre qui a été conçu pour le basketball comme à Brooklyn.»

Perron croit que ça pourrait prendre quelques années avant que les gens de Las Vegas embarquent à fond dans l’aventure des Golden Knights.

«Les gens que j’ai rencontrés semblent excités par l’arrivée de l’équipe, mais leurs connaissances [du hockey] sont limitées. Il y aura un bon travail du côté marketing à faire afin qu’ils apprivoisent notre sport.

«Je crois qu’ils vont développer un sentiment d’appartenance, mais ça pourrait prendre quelques années, comme à Nashville par exemple. On devra gagner des matchs et aller en séries afin de créer un engouement.»