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Alouettes

Le sport a sauvé Anthony Calvillo

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Les temps sont difficiles pour les Alouettes, mais il y aura des moments de réjouissance jeudi soir, alors qu’Anthony Calvillo sera intronisé au Temple de la renommée du football canadien au cours d’une cérémonie qui se déroulera au stade Tim Horton, à Hamilton.

Autant l’ancien quart arrière des Alouettes a pu être dominant sur le terrain, établissant une foule de records, autant il a dû être persévérant afin de surmonter les obstacles que la vie a placés sur son chemin.

On pourrait emprunter le titre d’un film des années 1980, Against All Odds pour qualifier son parcours, ou encore la chanson des Beatles The Long and Winding Road.

Un père alcoolique et violent

La vie de Calvillo a été parsemée d’embûches. Il a grandi dans une famille d’origine mexicaine à Los Angeles, dans le quartier défavorisé de La Puente, où la violence régnait non seulement dans la rue mais aussi à la maison.

Son père était alcoolique et lorsqu’il était ivre, il devenait violent, battant régulièrement son épouse sous les yeux de ses enfants.

Il a fallu que le frère aîné d’Anthony, David, s’interpose un jour pour mettre un frein à cette violence. Il n’avait que 12 ans.

Ce même David s’est ensuite retrouvé dans les filets d’un gang de rues, ce qui l’a conduit en prison.

Anthony Calvillo songera à tous les grands moments qu’il a vécus durant sa carrière lorsqu’il recevra jeudi soir sa bague commémorative ainsi que le traditionnel veston remis aux membres intronisés, mais il se rappellera aussi des moments difficiles vécus à la maison en apercevant sa douce mère Tina dans la salle.

Le sport, un exutoire

«Il est vrai que je n’ai pas eu une enfance facile et c’est la pratique des sports qui m’a permis d’emprunter le droit chemin », a confié Calvillo dans une entrevue accordée au Journal de Montréal.

Ma vie aurait pu prendre une tout autre tournure si j’avais subi la mauvaise influence des jeunes délinquants qui faisaient la loi dans le parc près de chez moi, a-t-il ajouté.

Heureusement, mon grand frère David, qui avait hérité de beaucoup de responsabilités lorsque mes parents se sont séparés, nous disait, à Mario (le cadet de la famille) et moi, de nous tenir loin de ces attroupements dans la rue, et ce fut le meilleur conseil que j’ai pu recevoir.

«Le sport représentait tout pour moi, a poursuivi Calvillo. Ça m’aidait à oublier ce qui se passait à la maison. J’ai eu la chance d’hériter d’un cadeau sur le plan athlétique et cela m’a permis d’éviter les eaux troubles en m’adonnant à la pratique de plusieurs sports. »

Pas le physique de l’emploi

Lorsque Calvillo s’est mis à jouer au football, on ne lui accordait guère de chances d’accéder aux rangs professionnels en raison de son physique du genre gringalet. Du moins, il ne répondait pas aux standards d’un quart professionnel.

«Heureusement, j’ai pu compter sur des entraîneurs qui ont cru en mes capacités, dont Jim Zorn», a-t-il souligné.

Après avoir vécu des années très difficiles avec les Tiger-Cats de Hamilton, où il était régulièrement la cible de huées, Calvillo s’est retrouvé dans un rôle de second à Tracy Ham, à Montréal, et c’est après le départ de ce dernier qu’il a pu s’établir comme un quart étoile dans la LCF grâce à la confiance que lui témoignait Don Matthews.

Des critiques épuisantes

Calvillo a aidé les Alouettes à gagner la coupe Grey en 2002, mais il n’était pas pour autant à l’abri des critiques.

On lui reprochait de crouler sous la pression lors des matchs de la Coupe Grey, jusqu’à ce qu’il mène les Alouettes vers deux conquêtes consécutives en 2009 et en 2010, la dernière alors qu’il dévoilait publiquement après la rencontre qu’il souffrait d’un cancer de la glande thyroïde.

«J’ai toujours été conscient que les critiques faisaient partie du métier, mais ça devenait épuisant, a-t-il confié. Ça m’a fait mal. Je n’étais pas d’accord avec ce flot de critiques.

«Les gens tenaient les choses pour acquises, comme si j’étais censé mener l’équipe vers la conquête de la coupe Grey chaque année. Il a fallu que je développe une force mentale afin de ne pas plier l’échine. Les championnats remportés en 2009 et en 2010 ont heureusement su faire taire mes détracteurs.»

Un bon père de famille

Calvillo ne cache pas sa fierté d’être parvenu à connaître une aussi belle carrière.

«D’avoir réussi à surmonter tous ces obstacles m’a rendu plus fort, a-t-il expliqué. Ça m’a aidé à devenir l’homme que je suis aujourd’hui.

«J’ai connu du succès comme athlète mais je suis tout aussi fier d’être devenu un bon père de famille et un bon époux qui chérit sa femme et ses enfants. C’est très important pour moi d’avoir une belle vie familiale.»

Son épouse Alexia et ses filles Olivia et Athena seront présentes jeudi soir à Hamilton pour célébrer ce grand moment dans la vie d’Anthony.