Crédit : Winslow Townson-USA TODAY Sports

Impact

Cinq prières pour un miracle

Cinq prières pour un miracle

Vincent Destouches

Publié 12 septembre
Mis à jour 12 septembre

Je l’ai dit et répété jusqu’à avoir la bouche sèche : la MLS est une ligue qui rend humble. Six mauvais premiers mois de compétition peuvent être facilement compensés dans le dernier droit – et inversement... Encore faut-il trouver la forme dans le sprint final.

Mais l’Impact de Montréal vient de connaître sa pire séquence de la saison – trois défaites consécutives – au moment où ça comptait, et surtout, au moment où les séries lui tendaient les bras.

Dommage, car l’automne est la seule saison où l’on préfère habituellement l’inconfort d’un siège d’estrade au confort de son canapé.

Par les temps qui courent, même Ignacio Piatti semble à court de miracles. Ce qui ne laisse à l’Impact que ses deux mains pour prier. Mais prier quoi?

1.Faites que le club joue pour gagner, et non pour éviter la défaite

Mauro Biello et son 3-5-2 ont été désignés coupables du revers en Nouvelle-Angleterre. Personnellement, je n’ai pas de problème à ce qu’un entraîneur tente un coup s’il pense vraiment pouvoir piéger l’adversaire. Or, ce n’est pas ce que j’ai vu face aux Revs. C’était un choix défensif plutôt qu’offensif. Kei Kamara a été muselé, d’accord, mais le 3 contre 2 dont bénéficiait l’Impact à la relance ne lui a jamais profité pour créer des décalages et remonter le ballon. L’Impact doit penser à gagner avant de se demander comment ne pas perdre.

2.Faites que Piatti imite Valeri

Les Timbers de Portland sont sur une lancée (3-0-1 au cours des 4 derniers matchs) qui leur a permis de se relancer et de s’installer en tête d’une Association Ouest très serrée. Pour cela, ils ont pu s’appuyer sur un Diego Valeri stratosphérique, auteur d’un but à chacun des 7 derniers matchs de son club, égalant ainsi un record de MLS. Puisque le collectif montréalais est à la peine, il faudrait pouvoir compter sur un exploit similaire de l’Argentin de l’Impact afin d’aligner quelques résultats positifs et entretenir l’espoir.

3.Faites que l’Impact puisse compter sur ses couloirs

Parlant de Piatti, enterrons une fois pour toute l’idée qu’il peut évoluer en tant que deuxième attaquant. Cette position ne lui sied pas. Sa force, c’est de partir en drible de son aile gauche, ou de trouver des espaces entre le latéral et le défenseur central adverse. Pour le trouver dans cette position, il faut savoir étirer le bloc d’en face. Cela implique d’avoir un joueur qui prend le couloir, et ce n’est pas le cas de Daniel Lovitz. Avoir un ailier droit qui inspire la confiance au XI montréalais et qui tienne en respect la défense adverse ne serait pas non plus du luxe...

4.Faites que les leaders jouent comme tel

Dans les moments difficiles, il est préférable que ceux qui prennent la parole pour secouer les troupes soient aussi les meilleurs sur le terrain. En somme, il faut prêcher par l’exemple. Et à ce chapitre, il y a encore du chemin à faire. Si miracle il doit y avoir, il passera inévitablement par des prestations exemplaires de la colonne vertébrale de l’équipe, d’Evan Bush à Blerim Dzemaili, en passant par Laurent Ciman et, évidemment, Patrice Bernier.

5.Faites que Columbus trébuche

À l’heure actuelle, le mot «séries» ne devrait pas apparaître dans le vocabulaire du club, qui ne contrôle pas sa destinée. La seule option, c’est de prendre un match à la fois sans penser au portrait d’ensemble, et de gagner chaque bataille en espérant qu’au moment de faire les comptes, un rival ait trébuché entre-temps. Ce rival, à mon sens, ne peut être que Columbus. Oubliez Atlanta, qui est en avance et a le calendrier le plus facile de la MLS. Oubliez les Red Bulls, qui ne concèderont sûrement pas 5 à 6 points au Bleu-Blanc-Noir d’ici la fin de la saison. Columbus a moins de marge de manœuvre vis-à-vis de l’Impact, si et seulement si Montréal gagne ses matchs en main.

Bref, ça prendrait beaucoup de miracles. Et la vérité, c’est qu’on ne devrait jamais avoir à compter sur un miracle.