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Dossier Radulov: Marc Bergevin remet les pendules à l'heure

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Le départ d’Alexander Radulov pour Dallas a fait couler beaucoup d’encre au cours de l’été. Et il semble que l’on ne soit pas prêt à assister à la fin de cette saga.

Le 3 juillet, l’attaquant russe acceptait les termes d’une entente de 31,25 millions $ sur cinq ans avec les Stars. Au moment d’expliquer les raisons l’ayant incité à accepter cette proposition, Radulov avait déclaré que cette offre était arrivée sur la table avant celle du Canadien. Et que c’est en apprenant ce que son homologue de Dallas était prêt à consentir à son attaquant que Marc Bergevin s’est décidé à égaler l’offre.

Or, ce dernier a assuré que cette version de l’histoire n’était pas véridique.

«Il a dit plusieurs choses, mais ce n’était pas les bons faits», a martelé le directeur général du Canadien, en marge du tournoi de golf annuel de l’équipe.

«L’offre était sur la table avant même que Dallas n’entre dans le portrait. Je respecte la décision d’Alexander, c’était son choix à lui. Notre proposition était très alléchante puisqu’il a finalement accepté la même à Dallas.»

Qui dit vrai dans toute cette histoire? Radulov ou Bergevin? Difficile à dire.

Certains diront qu’il ne faut jamais faire confiance aux joueurs russes puisque ceux-ci ont la réputation de s’expatrier en Amérique pour une simple question d’argent. Toutefois, le DG du Canadien n’est pas blanc comme neige, lui non plus.

Le mystère entourant la blessure de Carey Price en est un bon exemple. Dans le dossier de la transaction de P.K. Subban, Bergevin a dû être bombardé de questions avant d’admettre que le défenseur n’était pas un intouchable et qu’il avait reçu des coups de fil pour s’enquérir de sa situation.

Un coussin de 8,4 millions $

Là où Bergevin a raison, c’est qu’il faut regarder vers l’avant. Au moins, le Canadien n’aura pas tout perdu dans ce départ de l’attaquant de 31 ans vers le pays des cowboys.

À l’heure actuelle, Bergevin bénéficie d’un coussin de 8,4 millions $ sous le plafond salarial. Un montant qu’il n’est évidemment pas prêt à lancer par les fenêtres.

«Je regarderai encore pour améliorer l’équipe. C’est certain qu’avec une masse salariale plus petite, c’est un atout, a déclaré le directeur général du Canadien. C’est bien d’avoir cette liberté, mais aujourd’hui, il n’y a pas de joueurs de disponibles. Je ne vais pas dépenser, juste pour dépenser.»

Bref, ne vous attendez pas à une transaction spectaculaire d’ici le premier match du Tricolore, le 5 octobre, à Buffalo.

La stratégie des Hurricanes

D’ailleurs, Bergevin n’est pas le seul à se montrer plus tranquille pendant les camps d’entraînement. Depuis quelques années, il semble que ce soit la norme partout dans le circuit Bettman.

«C’est en raison du plafond salarial, a-t-il expliqué. Tu construis ton équipe lors de l’été, au repêchage ou au 1er juillet. Il y a moins de mouvements par la suite en raison de la masse salariale.»

Et ce sont souvent les équipes qui sont près de la limite qui tentent de bouger pour se dégager d’un contrat qu’il considère comme un boulet. Advenant un coup de fil d’un collègue se trouvant dans cette situation, Bergevin aurait le beau jeu. Il pourrait certainement envisager de le soulager à condition que le boulet vienne avec une récompense alléchante.

C’est la stratégie qu’avait utilisée Ron Francis, des Hurricanes, en juin 2016. Il avait accepté de dégager Stan Bowman et les Blackhawks du lourd contrat de Bryan Bickell à condition que le jeune Teuvo Teravainen fasse partie de la transaction.