Cyclisme

Diego Ulissi explose à temps!

Jean-François Racine

Publié | Mis à jour

L’Italien Diego Ulissi a résisté de brillante façon au retour de la meute de favoris pour remporter dimanche à l’arraché le huitième Grand Prix cycliste de Montréal, disputé à un train d’enfer dans les derniers tours.

Troisième l’an dernier dans la métropole, le cycliste de 28 ans de la formation UAE Emirates a saisi sa chance sur l’avenue du Parc en bousillant le match revanche entre les champions Peter Sagan et Greg Van Avermaet. À la grande joie de plusieurs, le scénario attendu ne s’est pas produit et un négligé en grande forme a pu causer la surprise.

Gagnant de six étapes au Tour d’Italie en carrière, Ulissi a devancé au sprint l’Espagnol Jesus Herrada (Movistar) et le Néerlandais Tom-Jelte Slagter (Cannondale), sixième à Québec vendredi. Avant le départ, le vainqueur cumulait également trois top 10 au Québec dans les dernières années, mais n’avait jamais remporté la victoire.

Un objectif important

Sous un ciel parfait et devant des milliers de spectateurs, le gagnant a franchi la ligne en 5 h 22 min 30 s, bouclant les 17 ascensions de la côte Camilien-Houde et les 205,7 kilomètres à une vitesse moyenne de 38,27 km/h.

«Après mon premier Tour de France, j’ai travaillé très fort et j’ai essayé de garder la forme au maximum jusqu’à cette course, qui était un gros objectif de ma saison. Dans le final, j’ai joué ma carte», a expliqué l’Italien, 39e au classement général sur les Champs-Élysées en juillet.

Dans le dernier tour, un groupe de six fuyards a conservé un écart d’environ 20 secondes sur les grosses pointures qui se défendaient toutes avec un nombre réduit d’équipiers. Jan Bakelants (AG2R), quatrième, et Tony Gallopin (Lotto-Soudal), sixième, ont bien failli mettre la main sur le titre.

«Je voulais jouer le tout pour le tout pour gagner. Je n’avais pas envie d’avoir de regret. J’ai tout tenté», a commenté le Français Gallopin.

L’épreuve a démarré tout doucement, le champion canadien Matteo Dal-Cin prenant une confortable avance de plus de quatre minutes dès le premier tour en compagnie d’un autre Canadien, Benjamin Perry (Cycling Academy).

Avec 95 km à faire, l’écart a chuté sous les 60 secondes et les jambes ont commencé à être lourdes pour les deux hommes seuls en tête depuis trois longues heures.

Sous les applaudissements, les deux Canadiens ont déposé les armes après une aventure de 120 km. En 2016, le même duo avait aussi servi d’amuse-gueule aux ténors.

Le regroupement a incité l’équipe Sunweb à durcir le ton, aidée par les hommes de la Cannondale. Rapidement, un groupe de 25 cyclistes ont perdu le contact. Antoine Duchesne (Canada) est apparu en tête avec une quarantaine de kilomètres à faire, mais son effort n’a pas porté fruit. Dans un final terrible, 59 coureurs ont abandonné la course. Au classement UCI, Greg Van Avermaet demeure le numéro un mondial devant Chris Froome, qui a remporté le Tour d’Espagne dimanche.

Une réussite

L’organisateur Serge Arsenault était fort satisfait de conclure une autre édition réussie autant à Québec qu’à Montréal. «Nous avons eu deux grandes courses et je suis très heureux. Il fallait une tactique et une stratégie fantastiques pour isoler Sagan et Van Avermaet. Le rythme était terrible, à la fin.»