FBN-SPO-NEW-ORLEANS-SAINTS-V-KANSAS-CITY-CHIEFS

Crédit : AFP

NFL

Toujours le même Laurent

Agence QMI / Stéphane Cadorette

Publié | Mis à jour

Une nouvelle voiture...

C’est tout ce qui a changé dans le quotidien de Laurent Duvernay-Tardif à Kansas City depuis la lucrative prolongation de contrat qu’il a paraphée en mars. Sinon, pas l’ombre d’une parcelle de changement, du moins, dans sa vie hors du terrain.

Pour ce qui est de la suite de sa carrière avec les Chiefs, les dollars amènent inévitablement avec eux des attentes avec lesquelles le sympathique géant compose bien.

La vie de château à 26 ans pour le garde à droite/futur médecin/homme à 41,25 millions $ ? Du tout ! «Le Journal de Québec» l’a vite constaté lors d’un long entretien avec le captivant joueur des Chiefs dans son appartement au centre-ville de Kansas City « que je ne paie pas plus cher que mon appart à Montréal », nous dit-il.

Là où plusieurs auraient été tentés de tomber dans l’extravagance après une pluie de millions, celui que ses coéquipiers surnomment « Docteur » ou « Larry » a plutôt opté pour la continuité dans la sobriété.

Dans un monde idéal, même son vieux Jeep CJ8 de 1981 serait toujours à ses côtés... « Mais après la saison, j’avais peur qu’il ne se rende pas à Montréal ! » rigole Laurent Duvernay-Tardif, dont la nouvelle situation financière fort médiatisée ne se laisse pas deviner.

« Le mieux, c’est de ne pas voir son argent », confie d’ailleurs celui qui avoue se verser dans un compte courant une partie du salaire qui lui est payé par les Chiefs afin de continuer à respecter un budget mensuel.

« La meilleure façon de ne pas attirer l’attention et de ne pas se faire soudoyer c’est de rester toi-même et de ne pas vouloir flasher à tout prix », fait-il valoir.

Nouvelle pression

Tout cela, c’est en dehors du complexe d’entraînement des Chiefs, du Arrowhead Stadium et des autres stades de la NFL dans lesquels il évoluera à compter de jeudi, en lever de rideau de la saison face aux champions en titre, les Patriots de la Nouvelle-Angleterre.

Parce que ses habitudes de vie sont demeurées identiques, Duvernay-Tardif reconnaît qu’un pactole si alléchant change de facto les attentes à son endroit. Celles des autres comme les siennes.

« C’est un stress différent parce que c’est la première fois de ma carrière de football que je ne suis pas le joueur sous-estimé, qui n’a rien à perdre et tout à gagner. La progression a été constante depuis mon arrivée et je ne peux plus faire marche arrière », soulève-t-il.

« C’est la première fois que j’arrive maintenant à comprendre certains athlètes qui se sont mis une tonne de pression et qui n’ont pas performé au niveau auquel ils étaient censés être. En même temps, j’ai toujours carburé à la pression. Je m’en suis nourri et ça ne m’a jamais nui. Je vis juste un rapport différent avec ça. »

Leadership silencieux

Quant à savoir si Duvernay-Tardif, qui devient un haut gradé dans l’échelle salariale des Chiefs, exerce du même coup un plus grand leadership, le joueur de ligne offensive demeure prudent. À sa quatrième année, c’est l’expérience acquise, plutôt que le compte en banque, qui dicte le changement de statut.

« Je ne sais pas si je peux me qualifier de leader, mais si je le suis, c’est de manière silencieuse. Je suis maintenant parmi les vétérans qui connaissent le mieux l’offensive. Je suis capable de prendre part à un dialogue plus ouvert avec les entraîneurs et les joueurs. Je sens que l’équipe respecte davantage mon opinion et que je suis de plus en plus un Chief à part entière », résume celui dont le parcours personnel et professionnel continue de fasciner.