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Adonis Stevenson tiendra-t-il sa promesse?

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Avant la dernière défense optionnelle de son titre WBC des mi-lourds, Adonis Stevenson a apposé sa griffe au bas d’une lettre dans laquelle il accepterait d’affronter l’aspirant obligatoire à son prochain combat, et ce, peu importe son identité.

Ce document, dont Le Journal de Montréal a obtenu copie, est clair : le gagnant du choc entre Stevenson et le Polonais Andrzej Fonfara doit croiser le fer avec le vainqueur de l’affrontement entre Eleider Alvarez et Jean Pascal à son prochain combat.

Dans cette courte lettre datée du 2 juin dernier, soit la veille de la présentation du gala de GYM, on voit la signature de Fonfara, mais surtout celle de Stevenson. Le troisième paragraphe est particulièrement intéressant.

C’est ce passage que le clan Alvarez a l’intention de faire respecter dans les semaines à venir afin d’obtenir un duel de championnat du monde avant la fin de 2017. Toutefois, aucun membre de l’équipe du Montréalais d’adoption n’a voulu commenter.

Promoteur sous pression

Celui qui a une certaine pression sur les épaules, c’est le promoteur des deux boxeurs, Yvon Michel. Il doit composer avec un champion à qui il ne parle qu’à l’occasion et un aspirant obligatoire qui a l’intention de se tenir debout pour la première fois depuis novembre 2015.

Pas évident de mettre un combat sur pied dans de telles conditions. Pour le moment, rien ne transpire et tous les délais qui ont été imposés à Michel par le WBC ont été repoussés pour diverses raisons.

La nouvelle date butoir pour fixer les détails d’un éventuel duel est maintenant le 1er octobre, soit le premier jour de la convention annuelle de l’organisme de sanction, qui se déroulera à Bakou, en Azerbaïdjan.

Si aucune entente n’est conclue avant cette journée, il est fort probable que le gérant d’Alvarez, Stéphane Lépine, se rende à Bakou afin de demander la destitution de Stevenson à titre de champion et d’obtenir un choc éliminatoire pour la couronne contre un pugiliste classé par le WBC qui serait prêt à l’affronter.

Jack, une menace

Après sa conquête du titre WBA des mi-lourds le 26 août, Badou Jack (22-1-2, 13 K.-O.) n’a pas hésité à lancer un défi à Stevenson pour un combat d’unification. Plus facile à dire qu’à faire...

S’il avait voulu prendre part à un tel événement, Stevenson aurait dû en faire la demande avant le 11 août, mais il ne l’a pas fait. De plus, ce rendez-vous ne pourrait pas avoir ce statut, car c’est Andre Ward et non Jack qui est considéré comme le monarque WBA chez les 175 lb.

D’un autre côté, il ne faut pas oublier que Jack fait partie de l’écurie de Floyd Mayweather, qui a une relation privilégiée avec Al Haymon et le patron du département des sports du réseau

Showtime, Stephen Espinoza. Aussi les deux hommes d’affaires vont-ils écouter s’il leur fait une proposition décente.

Ils ont possiblement l’impression qu’un affrontement Stevenson-Jack pourrait générer plus de revenus qu’un duel Stevenson-Alvarez, mais ils devraient être prudents avec cette analyse. Pour la télévision, Showtime verserait le même montant, que ce soit pour ce duel ou pour l’autre. Et la chaîne américaine a prouvé qu’elle s’intéresse à Alvarez.

Elle a déjà présenté trois combats du Colombien de souche, dont celui qui l’a opposé à Jean Pascal. Et puis, même si la vente de billets n’est plus ce qu’elle était, un choc Stevenson-Alvarez attirerait plus de curieux, surtout si la carte aboutissait au Québec.

Les amateurs de boxe de la Belle Province souhaitent voir ce combat depuis deux ans et il est très probable qu’ils se rangent derrière l’aspirant obligatoire lors de cette soirée qui tarde à prendre forme.

Quant à Stevenson, il a une belle occasion de démontrer qu’il est un homme de parole en donnant à Alvarez ce qui lui revient : un combat de championnat du monde. Après tout, c’est toujours le boxeur qui a le dernier mot.