Impact

Quand on gagne, on a toujours raison; quand on perd...

Quand on gagne, on a toujours raison; quand on perd...

Vincent Destouches

Publié 03 septembre
Mis à jour 04 septembre

Comme les choses vont vite au soccer...

En une semaine, Montréal est passé de l’équipe de l’heure à celle sur qui plus grand monde ne compte.

Les récents insuccès ont plongé de nombreux partisans dans le désespoir. Est-ce fini pour l’Impact? Excusez-moi, je vais encore passer pour le «casseux de party emo», mais il reste huit matchs à jouer... Soit un quart de la saison! Comment peut-on d’ores et déjà tirer la plug?

Avec un total de 24 points à prendre, tout reste à faire. La situation n’est pas désespérée, mais compliquée, car l’Impact sera plus souvent sur la route qu’autre chose, jouant notamment deux matchs à Toronto.

Malgré le gâchis des deux derniers matchs, la réalité est que l’Impact est dans une position plus enviable qu’il y a un mois seulement. Le Bleu-blanc-noir a pris plus de points sur ses six dernières rencontres que 19 des 21 autres clubs MLS.

D’où l’importance de faire la part des choses entre déception légitime et abandon prématuré.

Les absents... ont eu raison

Je ne vais pas épiloguer sur le match contre Chicago. C’est un scénario que l’on a vu souvent lors de la deuxième moitié de la saison 2016, lorsque les clubs adverses s’amenaient avec un bloc bas, imposant un défi collectif à une équipe montréalaise en mal de création offensive.

On dit que les absents ont toujours tort, mais c’est faux du côté de l’Impact. Les absents ont manqué, et un particulièrement : Blerim Dzemaili, dont la capacité à faire la différence et à pénétrer la zone adverse n’a pas été comblée.

Même absent, Anthony Jackson s’est quant à lui assuré d’être le nouvel attaquant titulaire de l’Impact en marquant et en faisant marquer lors de la rencontre Canada-Jamaïque. Il le méritait déjà avant, alors imaginez maintenant...

Le XI montréalais retrouve à un moment de la saison où il faut stabiliser certains postes. Celui d’attaquant est le dossier prioritaire. En fin de saison dernière, Mauro Biello avait fait un choix fort en écartant Didier Drogba pour Matteo Mancosu.

L’Italien va maintenant se retrouver de l’autre côté du miroir. Si ce n’était des rencontres internationales, il n’aurait pas commencé le match contre Chicago. Mais il a eu un sursis et il n’en a pas profité.

Sa place est dorénavant sur le banc. Mais attention! Ce n’est pas le purgatoire. Il s’agit d’un rôle différent, dont il peut bénéficier pour retrouver de la confiance. À lui de faire la différence lorsqu’on fera appel à ses services en fin de match, quand la partie sera plus ouverte.

Ce n’est peut-être pas la fin de Mancosu, mais c’est assurément l’heure de Jackson.

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Crédit photo : Ben Pelosse / JdeM

Ballou, acte 2, scène 2

Il reste d’autres postes où la situation n’est pas claire, comme celle d’ailier droit. Personne n’a réussi à s’approprier ce rôle qui semblait dévolu à Dominic Oduro au début de la saison.

Avec un seul but (marqué le 18 mars dernier...) et aucune passe décisive à son actif en 2017, relancer le Ghanéen semble être un projet que l’Impact n’a plus le temps de mettre en place.

Michael Salazar est là, mais il est limité. Comme il l’a montré contre Toronto, il est capable de se trouver dans de bonnes positions, mais son exécution fait défaut.

Mauro Biello voulait voir s’il pouvait compter sur Andres Romero d’ici à la fin de l’année, et la réponse n’est pas claire. L’Argentin manque de rythme, c’est évident, et s’il n’a pas grand-chose à se reprocher, il n’a pas non plus eu d’influence notable.

Ce dont a besoin Montréal, c’est d’un joueur qui peut contribuer dès maintenant, et qui se veut décisif. Vous me voyez venir : je ne vois pas comment le poste d’ailier droit peut échapper à Ballou Tabla. Il en fait encore trop, mais il est capable de faire vivre ce couloir comme aucun autre de ces coéquipiers.

On aurait pu assister à un autre débat concernant l’identité de la charnière centrale. Je pense que Biello a bien fait de tenter l’expérience Deian Boldor, car sur ce qu’il a montré, il avait de quoi prétendre à un rôle important. Mais le scénario du match d’hier a probablement réglé la question.

Quand Boldor reviendra de sa suspension, il sera trop tard pour tenter de peaufiner une entente entre lui et Laurent Ciman. Sauf surprise, le duo Cabrera-Ciman est là pour rester.

Le rouge? Pas d’accord

Parlons maintenant de la polémique autour du carton rouge décerné à Boldor. Y avait-il matière à transformer le jaune en rouge après la reprise vidéo ? Pour moi, c’est non.

Ne nions pas l’évidence : il y a faute. Et il y a jaune. Le défenseur montréalais s’est d’ailleurs immédiatement arrêté de jouer pour s’excuser auprès de sa victime, Bastian Schweinsteiger.

L’arbitre Toledo avait bien jugé la situation en suivant son premier instinct. Mais, après avoir revu l’action, il a décidé de décerner un rouge au Roumain estimant que son intervention avec la semelle en avant mettait en danger l’intégrité physique du joueur adverse.

C’est là où je débarque. Nous ne sommes pas ici dans un cas de figure où Schweinsteiger est, pourrait-on dire, chanceux de s’en tirer sans fracture. Boldor a effleuré le mollet de l’Allemand avec le bout de sa semelle. Ça fait mal, ça laisse des traces de crampons, mais ça ne va pas plus loin que ça.

Le problème que j’ai avec cette décision, et par extension cette utilisation de la vidéo, c’est qu’on tente de trouver une justification pour aller jusqu’au carton rouge. Et une fois que l’on commence à raisonner comme ça, où s’arrêtera-t-on ?

Car à trop vouloir chercher, on finira forcément par trouver des raisons d’exclure des joueurs. L’expression «jaune orangé» n’existe pas par hasard, dans le soccer : il y a parfois une absence d’évidence dans les décisions.

Je soutiens entièrement l’initiative de la MLS telle qu’elle a été conduite par Howard Webb. Mais la reprise vidéo permet le zèle, et c’est une faille dans le système qu’il faudra savoir combattre.