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F1

Des jeunes loups brillants sous la pluie

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Qu’ont en commun Max Verstappen, Lance Stroll et Esteban Ocon ? Ils ont 20 ans ou moins et montrent des habiletés hors du commun sous la pluie.

Ces trois jeunes loups ont fait preuve non seulement d’audace, mais aussi de dextérité quand ils ont affronté les conditions exécrables du circuit de Monza samedi, en qualifications.

Leur prestation époustouflante en a émerveillé plus d’un. À défaut d’avoir la meilleure voiture du plateau, ces trois pilotes, qui représentent la nouvelle génération en F1, ont exprimé tout leur talent.

À l’image des champions qui ont marqué leur époque.

Certes, il est trop tôt pour les comparer aux plus grands de la spécialité, mais leur comportement en Italie mérite certes un petit clin d’œil au passé.

Non, ne sautez pas aux conclusions. Gardons les deux pieds sur terre.

Un magicien sous le déluge

Mais bon, on ne peut que penser à Ayrton Senna qui s’est fait découvrir au Grand Prix de Monaco en 1984 au volant d’une modeste Toleman.

Éblouissant sous le déluge, le regretté Brésilien aurait pu gagner la course, mais la décision controversée du commissaire en chef (Jacky Ickx) avait empêché tout débat avec l’éventuel vainqueur, Alain Prost, quand il a mis fin à l’épreuve prématurément en raison du mauvais temps.

Puis, il y a aussi eu Sebastian Vettel, ici même, à Monza, il y a neuf ans au volant d’une... Toro Rosso.

Position de tête et victoire sous la pluie : c’était le début d’un fructueux parcours qui le mènera vers quatre Championnats du monde de F1 et peut-être, on dit peut-être, un cinquième cette année.

«Ces trois pilotes représentent l’avenir de notre sport, a dit Lewis Hamilton. Ce qu’ils ont fait samedi montre clairement qu’ils ont un talent indéniable.»

L’appel de Gerhard

Lawrence Stroll n’a pas caché ses émotions quand il a réalisé que son fils Lance avait assuré sa place, samedi, sur la première ligne au départ du Grand Prix d’Italie.

On l’a vu affichant son plus beau sourire, les poings levés vers le ciel.

«Oui, je suis fier de lui», a répété le paternel, qui a livré au Journal une belle anecdote.

«Quelques minutes après la séance, a expliqué Lawrence, j’ai reçu un appel de Gerhard Berger. Il m’a demandé de lui transmettre ses félicitations tout en affirmant que cet exploit lui rappelait justement celui de Vettel en qualifications à Monza en 2008. J’ai été flatté qu’il prenne le temps de me contacter.»

Cet ancien pilote de F1, gagnant de 10 Grands Prix de F1, dont celui du Canada en 1992, est un grand partisan du jeune pilote québécois, à qui il prédit d’ailleurs une belle carrière.

Croisé dans les paddocks de Monza, Jackie Stewart a lui aussi été élogieux envers Stroll. «Ce qu’il a accompli est tout simplement remarquable, a dit l’Écossais, détenteur de trois titres en F1. Il a su étaler son grand talent. C’est dans de telles conditions que les bons pilotes se démarquent des autres.»

Neuf pilotes pénalisés

Au total, neuf pilotes ont été pénalisés avant le départ du Grand Prix d’Italie en raison de changements inappropriés de pièces mécaniques, tel que le stipule le règlement de la F1.

Six d’entre eux l’ont été parce qu’on a changé des composantes de leur moteur, soit Fernando Alonso (35 places sur la grille de départ), Stoffel Vandoorne (25), Max Verstappen (20), Jolyon Palmer (15), Nico Hulkenberg (10) et Carlos Sainz (10). Daniel Ricciardo, lui, a écopé d’une double sanction, totalisant 25 places (composantes du moteur et boîte de vitesses), alors que Romain Grosjean et Sergio Perez ont été rétrogradés de cinq places pour changement de boîte de vitesses.

Cette situation est devenue une vraie farce en F1. À quoi bon sert une séance de qualifications, au juste ?

Et pourquoi instaurer des règlements aussi stricts dans une discipline qui devrait demeurer... extrême ?