F1

Une autre page d'histoire pour Lance Stroll

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Magistral sous la pluie, samedi, en prévision du Grand Prix d’Italie, Lance Stroll est devenu le plus jeune pilote de l’histoire à se tailler une place sur la première rangée au départ d’une épreuve de F1.

Auteur du quatrième chrono à l’issue de la dernière étape des qualifications (Q3), derrière Lewis Hamilton — détenteur de la position de tête —, Max Verstappen et Daniel Ricciardo, le jeune Québécois a profité, il est vrai, des pénalités imposées aux pilotes de l’écurie Red Bull pour se hisser au deuxième rang.

Stroll (23 jours plus jeune) bat néanmoins le record de précocité que détenait ce même Verstappen depuis le Grand Prix de Belgique l’an dernier.

«Honnêtement, je ne m’y attendais pas, a déclaré le pilote de 18 ans à sa sortie de voiture. C’est extraordinaire. Vous savez, la vie est pleine de surprises et c’en fut toute une aujourd’hui.»

En l’espace d’un peu plus de deux mois, Stroll s’offre ainsi un deuxième record dans la spécialité. Au Grand Prix de Bakou, le 25 juin dernier, sa troisième place lui avait valu de devenir le plus jeune pilote recrue à monter sur un podium de F1.

«Les conditions de piste étaient particulièrement difficiles, a renchéri Stroll, qui a parcouru le tracé de Monza en 1 min 37,032 s en Q3. Mais j’ai su garder la tête froide.»

Cette performance est d’autant plus méritoire qu’il a devancé des pilotes de grand talent, et combien plus expérimentés, qui ont été incapables d’assurer la riposte, à commencer par un certain Sebastian Vettel, limité au huitième rang à l’issue de la dernière étape des qualifications.

Une séance un peu folle

Cette séance de qualifications un peu folle s’est déroulée dans des conditions exécrables. Si le drapeau vert a été donné à l’heure prévue, en début d’après-midi, un accident impliquant Romain Grosjean est venu interrompre les débats dès la deuxième minute.

Les commissaires, jugeant que la sécurité des pilotes était menacée, n’ont permis aux engagés de reprendre les hostilités que deux heures et demie plus tard.

Stroll a affiché ses couleurs dès la ronde initiale (Q1) en réalisant le cinquième chrono sous une pluie modérée. Une autre cinquième place, cette fois en Q2, est venue confirmer ses ambitions. Dans les deux cas, on avait chaussé sa monoplace de pneus intermédiaires.

En Q3, où les précipitations se sont intensifiées, le Québécois s’est montré particulièrement combatif au volant de sa Williams dotée de pneus pluie.

Du plaisir

«Avec ces pneus conçus pour les conditions extrêmes, a indiqué Stroll. La voiture se comportait tellement bien. Je pouvais la pousser naturellement sans trop risquer de commettre des erreurs. J’éprouvais cette sensation de survoler le circuit.

«Je me suis bien amusé, a-t-il enchaîné, surtout pour une première fois à piloter une F1 sous une pluie aussi forte. Ça ne nous donne pas des points au classement, par contre. L’important, c’est la course, où je vais prier pour qu’il pleuve.»

«Mais, semble-t-il, on ne prévoit pas de mauvais temps. J’espère un autre podium, quoique c’est un résultat qui me semble... optimiste. »

Massa derrière

Stroll, que l’on compare continuellement à son coéquipier Felipe Massa, a su remettre les pendules à l’heure à Monza.

Il a en effet réussi à devancer le vétéran brésilien dans les trois rondes de qualifications. Felipe Massa (1:38,251), profitant lui aussi des pénalités imposées à Verstappen et Ricciardo, passe de la neuvième à la septième place sur la grille de départ.

«Je ne trouve pas d’explication pour l’écart d’un peu plus d’une seconde qui me sépare de Lance, a dit Massa, si ce n’est qu’il a été plus fort que moi sous la pluie.

«Vous avez une autre preuve de son talent. Il continue d’apprendre et de s’améliorer. Il n’a que 18 ans...»

À noter, aussi, la superbe prestation du jeune Français Esteban Ocon, qui occupera la troisième place sur la grille de départ dimanche.