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La NBA s'invite au Patro Laval

Publié | Mis à jour

Québec - Quand le plus important circuit de basketball au monde s’implique dans la rénovation d’un gymnase de quartier, les choses sont faites en grand. La NBA et toute sa gigantesque locomotive ont dévoilé le gymnase entièrement rénové du Patro Laval, lundi, en présence d’un joueur prometteur des Nuggets de Denver.

Ils sont sept endroits à travers le Canada à avoir bénéficié d’un soutien financier de l’organisation canadienne de la National Basketball Association (NBA) et de BMO, dont le Patro Laval, qui a vu le jour en 1910.

Remise à neuf du plancher, six nouveaux paniers de verre, un terrain répondant aux normes de la Fédération internationale de basketball et des murs fraichement repeints, le grand gymnase du centre communautaire de Saint-Sauveur s’est refait une beauté. Un tapis rouge avait même été déroulé pour l’occasion. Le projet a coûté un peu plus de 40 000 $ au total, incluant un montant pour l’achat d’équipement.

Originaire de la République démocratique du Congo, Emmanuel Mudiay s’est reconnu à travers la cinquantaine de jeunes invités à participer aux festivités de lancement. Il sait de quoi il parle quand il est question de milieux défavorisés même s’il a quitté son pays natal à l’âge de cinq ans pour s’exiler aux États-Unis avec sa mère.

«C’est très important [comme projet], car ça garde les jeunes loin des troubles, a expliqué le grand gaillard de 6 pi 5 po, qui entamera sa troisième campagne au Colorado, à l’automne. Plutôt que de rester dans la rue ou faire quelque chose qu’ils ne devraient pas faire, le basketball et tous les autres sports regroupent les gens tous ensemble. Le fait de venir ici les aide en ce sens.»

Première visite

Mudiay n’avait jamais mis les pieds en sol canadien en dehors de ses visites à Toronto pour les matchs contre les Raptors. Sa mère Thérèse Kabeya a vécu quatre ans à Montréal dans les années 80 où elle a étudié au Cégep du Vieux Montréal pour devenir infirmière.

Si fiston ne communique que très peu en français, il comprend la langue de Molière. Le joueur de 21 ans est retourné en Afrique pour la première fois cet été pour participer à des cliniques pour les jeunes.

«Oui, c’était émotif comme il n’y a pas beaucoup de choses là-bas, a avoué celui qui évolue à la position de meneur. C’est pauvre et tout le monde vit difficilement. Je parlais avec ma maman et on se disait que si je n’avais pas quitté, ça aurait pu être moi. Je bénis Dieu tous les jours de ne pas être dans cette situation.»

L’importance de rêver

Mudiay a livré un message authentique aux jeunes qui ont bénéficié de ses conseils après le dévoilement.

«La plupart du temps, les jeunes veulent savoir comment c’est d’être dans la NBA [...] Je joue au basketball depuis l’âge de six ans, c’est tout ce que je sais. Quand j’avais leur âge, je disais à ma mère que j’irais dans la NBA et j’y suis finalement arrivé. Ce que je leur dis, c’est de croire en leurs rêves aussi gros soient-ils. Plusieurs personnes m’ont dit que je n’atteindrais pas la NBA. Peu importe ce qu’ils veulent faire, ils doivent y croire et se concentrer là-dessus.»