F1

Le torchon brûle chez Force India

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Sur les ondes radio, Lewis Hamilton n’a pas été tendre à l’égard des commissaires recrutés par la Fédération internationale de l’automobile, quand on lui a annoncé que la voiture de sécurité était déployée au 30e tour en raison de débris sur la piste à la suite d’un accrochage impliquant Esteban Ocon et Sergio Perez.

«Pourquoi la faire sortir ? a-t-il demandé. Il n’y a pratiquement rien pour obstruer le circuit. C’est une démarche inutile. Et pourquoi roule-t-elle aussi lentement ? C’est un non-sens.»

Le gagnant du Grand Prix de Belgique en a rajouté une couche lors de sa conférence de presse.

«Je ne comprends pas cette décision, a-t-il renchéri. La direction de la F1 agit comme en... NASCAR. On utilise la voiture de sécurité pour à peu près rien. J’imagine que c’était pour pimenter le spectacle et pour regrouper le peloton.»

Vettel s’en voulait

Derrière lui, à la relance, Vettel aurait en effet pu faire bondir les spectateurs qui, après l’abandon hâtif de leur favori Max Verstappen, trahi par le moteur de sa Red Bull au huitième tour, n’ont pas eu beaucoup d’occasions de s’exprimer.

Le contexte était favorable.

La Ferrari de l’Allemand avait été chaussée de pneus ultratendres, les plus performants du fournisseur Pirelli, alors que Mercedes avait confié des gommes tendres à Hamilton.

Mais Vettel a échoué dans sa tentative de lui ravir le premier rang.

«J’aurais peut-être fait les choses autrement, a reconnu le quadruple champion du monde. Avant que le drapeau vert soit agité, Lewis a levé le pied. Je me suis pointé trop près de lui avant qu’il n’accélère. Il m’a déjoué, car j’ai dû ralentir. Je m’en veux un peu.»

N’empêche que Vettel est venu déranger son adversaire immédiatement après cette relance, mais c’était trop peu, trop tard. Hamilton ne s’en est pas laissé imposer pour remporter la 58e victoire de sa carrière à son 200e départ en F1.

Le torchon brûle chez Force India

Si le Grand Prix de Belgique n’a pas fourni de grandes excitations, il aura été l’occasion pour deux coéquipiers de livrer deux autres rounds d’une bataille qui fait rage depuis pratiquement le début de la saison au sein de l’écurie Force India.

Deux accrochages survenus à haute vitesse dans le très dangereux virage Eau rouge auraient pu mal tourner. On ne veut jamais voir des discussions aussi musclées se produire à cet endroit.

Esteban Ocon et Sergio Perez ont joué avec le feu.

Le deuxième contact a d’ailleurs fait sortir Ocon de ses gonds.

«Mais franchement, ce gars-là est un idiot !» s’est-il exclamé sur les ondes radio.

«Il a risqué ma vie et la sienne»

À sa sortie de voiture, le jeune pilote français, considéré comme une future grande vedette de la F1, n’a pas atténué ses propos.

«Il a risqué ma vie et la sienne, a-t-il dit. Ce sont des gestes inacceptables et dangereux qui sont survenus à plus de 300 km/h. Ma voiture aurait pu s’envoler dans les deux cas.»

La première touchette a eu lieu en début d’épreuve et l’autre, qui a signifié la venue de la voiture de sécurité, s’est déroulée au 29e tour.

«Il va falloir qu’il revoie sa façon de piloter, sinon, ça va aller mal pour lui», a dit Ocon.

Si Perez a avoué sa responsabilité dans le premier débat, il dit n’avoir rien à se reprocher dans l’épisode suivant.

«Je suis désolé pour la première fois, a dit le Mexicain, mais à la deuxième, il s’est montré trop optimiste. Il aurait dû se rendre compte qu’il n’y avait pas de place pour deux voitures à cet endroit.»

Pauvre Alonso... encore

Fernando Alonso, contraint à un sixième abandon cette année en 12 courses, a su faire rire l’auditoire télévisuel par ses déclarations plutôt directes adressées à son ingénieur pendant la course.

«C’est gênant [en parlant d’un moteur Honda]», a-t-il fait savoir, après avoir été doublé par deux adversaires sur la même ligne droite.

Puis quand son équipe a voulu lui donner des informations quelques minutes après, Alonso a répondu sèchement : «Je ne veux plus vous entendre d’ici la fin de la course...»