Paul Rivard

La Coupe Denis 2017

La Coupe Denis 2017

Paul Rivard

Publié 13 août
Mis à jour 13 août

Et pourquoi pas qualifier la Coupe Rogers 2017 de «Coupe Denis»...

Après tout, chaque fois que le grand Roger Federer se pointe chez nous au Canada, on entend tout le monde dire qu’il devrait gagner. Après tout, la Coupe porte son nom (Rogers)...

Plus sérieusement, tout a été dit et écrit, ou presque, sur cette chevauchée aussi incroyable qu’inattendue par le jeune torontois de 18 ans, Denis Shapovalov.

Ce qu’il a réussi au cours des cinq matchs disputés sur le court central, ne se produit que quelques rares fois dans ces tournois d’envergure que sont les «Masters 1000» et Grand Chelem. Profiter d’un laissez-passer des organisateurs et les remercier en sortant les 65e, 31e, 2e, et 42e mondiaux, dans l’ordre, relève de l’exploit, purement et simplement.

Comme j’ai déjà écrit beaucoup de choses sur «Shapo», le 10 août dernier, j’éviterai de le répéter. Mais on peut ajouter qu’il est déjà le plus jeune joueur à avoir atteint les demi-finales d’un «Masters 1000». Il sera passé du 143e au 67e rang au classement de l’ATP, en plus de se retrouver en quatrième place de ce classement «Next Gen», ces étoiles du futur, âgées de 21 ans ou moins, qui s’affronteront à Milan dans LEUR championnat de fin de saison.

Et, ce qui ne gâche rien, il a ajouté 220 000$ en bourse à son total en carrière de ...197,000$.

Pour la suite, espérons qu’on annulera sa présence au Challenger de Vancouver, cette semaine, et qu’on le mettra au repos pour la semaine.

Repos mental après cette formidable décharge d’émotions qu’il a reçue... et générée pour le public... et cette dépense d’énergie qui mérite absolument qu’on lui permette de recharger ses batteries avant de se tourner vers New York pour les qualifications des Internationaux des États-Unis.

La classe d’Alex et de Roger

Une autre finale pour Federer, un autre titre pour Zverev qui rejoint l’autre avec cinq couronnements en 2017. Une fiche de 35-3 cette année pour le «Maître». Une fiche de 46-13 pour «Sasha».

Mais au-delà de ces dernières statistiques, c’est la classe incroyable démontrée, encore et encore, tant sur le terrain, au micro des intervieweurs qu’en dehors lorsqu’il accorde patiemment de longues entrevues et qu’il signe les autographes. Hors des terrains, il est aussi un des plus grands de tous les temps... sinon le plus grand... tous sports confondus.  

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Crédit photo : AFP

Et son adversaire en finale, le jeune Alex Zverev, affiche lui aussi d’étonnantes statistiques entre les lignes. Mais pointer du doigt le joueur qu’il venait de battre, samedi soir, histoire de demander aux spectateurs d’applaudir ce prometteur jeune joueur, relevait d’une classe à la Federer. Même s’il n’a que 20 ans, ce Zverev démontre la maturité d’un vétéran de 30 ans et mérite toute notre admiration.

Nettement le successeur de l’autre pour la classe hors des courts.

Et que dire d’un Federer diminué par une blessure au dos (à confirmer dans les prochains jours) qui ne joue plus, ou presque, dans la seconde portion de la deuxième manche de la finale. Il était clair qu’il voulait se rendre jusqu’à la fin pour ne pas priver Zverev d’un titre clairement acquis, avec un pointage complet. Et il n’a jamais fait mention de sa blessure aux médias, ne voulant EN RIEN diminuer le triomphe de l’autre.

De la classe, vous dites?

Édition record

C’est cliché, peut-être, mais il faut le dire. On n’est pas près d’oublier cette édition 2017 de l’événement tenu au Stade Uniprix. 

La présence de Federer et Nadal, l’explosif et spectaculaire Denis Shapovalov et – il faut absolument le dire – une météo tout aussi clémente que l’année dernière, ce qui facilite le travail des organisateurs et rend l’expérience du client comme celle du joueur nettement plus agréable. 

Coupe Rogers
Crédit photo : Martin Chevalier / JdeM

Résultat des courses, les quelque 216 000 personnes qui ont assisté à l’événement amélioraient le record de 2011, alors que 213 000 spectateurs avaient défilé près du parc Jarry.

«El Pequeno Gigante con une Gran Corazon»

C’est le surnom qu’a accolé Réjean Genois au joueur argentin Diego Schwartzman, à l’issue de son match remporté au dépens de l’étoile montante de l’ATP et huitième joueur mondial, Dominic Thiem.

Le Petit Géant au Grand Cœur. 

Coupe Rogers
Crédit photo : Martin Chevalier / JdeM

À cinq pieds et sept pouces, ce valeureux guerrier a forcé l’Autrichien à disputer un match de deux heures et 53 minutes, ponctué d’une multitude d’échanges interminables. Mais c’est surtout sa capacité à se relever chaque fois qu’il était dans les câbles, tel un boxeur martelé de coups et épuisé au terme de rounds épuisants.

Dans le match suivant, après avoir perdu les huit premiers jeux (!!!), il s’est relevé à nouveau pour éliminer Jared Donaldson.

Si son parcours s’est conclu en quarts de finale, il s’est fait de nouveaux admirateurs, à Montréal, dont l’humoriste Alexandre Barrette qui avait échangé des balles avec lui lors d’un entraînement où Schwartzman s’est montré très disponible. En entrevue à TVA Sports, l’Argentin a même fait ce qu’on peut décrire comme un compliment très franc à Barrette, lui-même un ancien junior de talent qui ne semble avoir rien perdu de son talent d’ado.

Eugenie peut se reposer

«Quelqu’un peut maintenant porter le flambeau (et le fardeau) du Canada!»  

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Crédit photo : AFP

Cette phrase était celle d’Eugenie Bouchard, dans une entrevue où elle se vidait le cœur à l’issue d’une autre élimination rapide, en début de tournoi de la Coupe Rogers à Toronto. Elle commentait le jeu et le talent de Bianca Vanessa Andreescu, nouvel espoir canadien du tennis féminin qui, à 17 ans, connaît une montée fulgurante au classement de la WTA. 

Une ascension qui n’est pas sans rappeler celle d’Eugenie entre le début de 2013 et l’automne de 2014 quand elle est passée du 145e au 5e rang mondial en 22 mois.

Le souhait de Genie est sur le point d’être exaucé. Que ce soit, d’ici quelques mois par Andreescu, ou encore, si on considère la semaine que nous venons de vivre, par ce blond et charismatique athlète qu’est Denis Shapovalov.

Et là, Bouchard pourra peut-être continuer à vivre sa vie. Sociale et tennistique, loin de cette pression qui, selon ses propos, semble l’avoir fait «vieillir» trop rapidement.

C’est le bien qu’on lui souhaite.

Travail d’équipe...

Sébastien Benoit, Réjean Genois, Marie-Ève Pelletier et moi sommes ceux que vous avez vus et entendus le plus souvent, sans oublier nos reporters Frédérique Guay, Jean-Philippe Bertrand, Andy Mailly-Pressoir, Jannie Potvin, Jean-Michel Bourque et Nancy Audet. Mais je me permets de vous offrir notre photo de famille, en conclusion, histoire de saluer tous ces «invisibles», mais valeureux collègues qui nous ont fait bien paraître par leur professionnalisme, tous départements confondus.