Crédit : Vincent Carchietta-USA TODAY Sports

Impact

Un épisode passé inaperçu... mais fondateur ?

Un épisode passé inaperçu... mais fondateur ?

Vincent Destouches

Publié 07 août
Mis à jour 07 août

La scène se passe à Harrison, dans le New Jersey. L’Impact est en déplacement au domicile des Red Bulls, avec le résultat que l’on connaît.

Pour l’occasion, Mauro Biello a décidé de faire jouer la concurrence à plein régime. Maxime Crépeau est titulaire, Anthony Jackson-Hamel et Michael Salazar également, au détriment de certains joueurs emblématiques.

Mais, au moment d’observer son banc, la réalité frappe Biello de plein fouet. L’entraîneur-chef assume complètement ses choix, mais comment ignorer que dans un match aussi crucial que celui-ci, Ignacio Piatti, Matteo Mancosu et Dominic Oduro ne sont que des remplaçants...

Les trois meilleurs joueurs montréalais des dernières séries éliminatoires. Un trio sur lequel la direction a beaucoup investi pour être le moteur offensif de l’édition 2017. Et pourtant...

Ce soir-là, pour des raisons diverses, l’Argentin, l’Italien et le Ghanéen ont joué les seconds rôles. Comme un symbole d’une saison où l’Impact n’a jamais joué à la mesure de son potentiel.

C’est un fait qu’il est difficile de combattre : l’effectif a été bâti autour de certains joueurs dont la méforme a eu une incidence directe sur la saison du Bleu-Blanc-Noir.

Evan Bush, par exemple, n’a toujours pas été un facteur dans la saison de l’Impact. Certes, il ne peut pas porter l’unique responsabilité de l’inefficacité de la défense. Reste qu’il n’a que rarement sauvé les meubles. Les statistiques avancées sont d’ailleurs formelles : il aurait pu (ou dû) encaisser huit buts de moins.

Mancosu et Oduro, de leur côté, ont enregistré à eux deux un grand total de quatre buts et deux passes cette saison. Des chiffres faméliques pour un duo qui perçoit plus d’un million de dollars en salaire...

Il y en a d’autres, bien sûr, qui sont en difficulté – Marco Donadel, par exemple, n’est qu’à 50% de ses capacités en raison de son inconfort au genou. Mais le fameux trident offensif est l’exemple le plus visible d’une faillite individuelle au sein du collectif.

Ainsi, la réflexion sur le XI de l’Impact pour la suite a mûri dès le soir de la déculottée au New Jersey. La rédemption de l’Impact ne peut passer que par celles de ses vétérans.

De ce point de vue, j’ai aimé la gestion récente de Mauro Biello. Il a fouetté l’orgueil de ses joueurs, a donné leur chance à d’autres qui le méritaient davantage, mais ultimement a mis ses leaders en face de leurs responsabilités.

Et ça a fonctionné. En s’appuyant sur ses joueurs les plus expérimentés, l’Impact a fait une très belle opération samedi, contre Orlando, pendant que la plupart de ses rivaux ont chuté.

C’est bien, mais ce n’est pas suffisant.

D’accord, le club mérite des encouragements au vu de la physionomie du match, mais certainement pas des éloges. Une victoire n’efface pas tout. Elle met seulement du baume au cœur. Ce groupe a encore tout à prouver, et ça commence par une série de bons résultats.

Et je le répète, car il ne faut pas se faire d’illusions : l’Impact n’est pas l’équipe la plus talentueuse, donc elle n’arrivera pas bien loin si ses meilleurs éléments ne jouent pas à leur meilleur niveau.

Piatti a répondu à l’appel, Dzemaili aussi. Dans une certaine mesure, Laurent Ciman, Patrice Bernier et Victor Cabrera ont montré qu’on pouvait compter sur eux pour redresser la barre.

Anthony Jackson-Hamel également, dans son rôle. Mais un « supersub » n’a de raison d’être que si l’attaquant principal effectue déjà du bon travail – sinon, c’est du gâchis.

Qu’on se le dise : sans un Bush capable de quelques miracles, sans un Mancosu menaçant et opportuniste et sans un Oduro auteur d’un « flash » par-ci, par-là, le club restera en-dessous de la ligne rouge.