MLS

Bilan de mi-saison : l’Est en feu

Ian Gauthier / TVA Sports

Publié | Mis à jour

La saison 2017 de la MLS amorcera vendredi un arrêt de près de deux semaines et puisque la plupart des équipes ont joué de 17 à 20 matchs sur 34, il y a certainement lieu de qualifier la chose de pause de mi-saison.

Il s’agit donc d’une occasion parfaite pour dresser un bilan de cette première moitié de la campagne 2017 dans le circuit Garber.

Rapidement, que peut-on retenir?

La résurgence de l’Est

Pour la première fois depuis plusieurs années, il semble bien que l’Association de l’Est soit plus forte que sa contrepartie occidentale.

Toutes associations confondues, les trois meilleures équipes de la MLS viennent de l’Est : l’étonnant Fire de Chicago et le Toronto FC se partagent la première place avec une récolte de 38 points, alors que le puissant New York City FC poursuit sur sa lancée de la saison dernière avec une récolte de 33 points.

Le FC Dallas et le Sporting de Kansas City, deux clubs de l’Ouest, ferment le top 5 avec une récolte de 31 points chacun.

Le Fire, qui a écumé les bas-fonds du classement au cours des trois dernières saisons, représente assurément la meilleure histoire de la saison jusqu’à maintenant. Certes, l’arrivée de Bastian Schweinsteiger, vainqueur de la dernière Coupe du monde, a fait écarquiller les yeux et a avisé tout le monde du sérieux de la démarche de l’entraîneur Veljko Paunović. Mais ce serait sous-estimer l’apport du milieu Dax McCarty et surtout, les buts de l’attaquant Nemanja Nikolic, deux autres nouveaux venus.

Nikolic est actuellement le meilleur buteur de la MLS avec une récolte de 17 pions en seulement  19 parties. Il pourrait très bien battre le record de buts en une saison en MLS, qui est de 27.

L’autre surprise, c’est le Dynamo de Houston qui, avec une récolte de 28 points (au troisième rang dans l’Ouest), semble en voie de participer aux éliminatoires de la MLS pour une première fois depuis 2013. Le Dynamo y est allé d’un recrutement intéressant lui aussi, amenant en son sein deux internationaux honduriens, Alberth Elis et Romell Quioto, qui ont ajouté beaucoup de piquant à une attaque également revitalisée par la renaissance du buteur mexicain Erick Torres, auteur de 12 filets depuis le début de la saison.

Les géants toussotent

Pendant ce temps, ceux qu’on attend toujours au sommet connaissent des ratés. Commençons par le Galaxy de Los Angeles, cinq fois vainqueur de la Coupe MLS. Après une saison 2016 franchement ordinaire selon ses standards, l’ancien club de David Beckham a vu son emblématique entraîneur Bruce Arena quitter pour prendre les rênes de l’équipe nationale américaine, un défi attrayant, on en convient.

Maintenant dirigée par Kurt Onalfo, la formation californienne n’affiche toujours pas cette confiance tranquille qui l’a caractérisée au cours des dernières années. Malgré un effectif intéressant, le club se montre capable du meilleur et du pire, notamment à domicile : le Galaxy perd des matchs au StubHub Center plus que jamais, une tendance qui a connu une sorte d’apogée mardi dernier alors que le Real Salt Lake, l’un des pires clubs de la MLS cette saison, leur a mis une fessée de 6-2.

Cela fait en sorte que le Galaxy pointe au huitième rang dans l’Ouest, mais avec un retard de seulement deux points sur la sixième et dernière place donnant accès aux séries, il n’est pas encore temps de jeter la saison aux poubelles. Surtout avec un noyau de qualité qui contient Giovani Dos Santos, Romain Alessandrini et Jelle Van Damme. Ils sont capables de réaliser le meilleur «comeback» de la deuxième moitié de saison.

L’autre géant en peine est basé au New Jersey : les Red Bulls sont méconnaissables cette saison. Auteur de 20 passes décisives l’an dernier, le milieu de terrain Sacha Kljestan n’en compte que six jusqu’à maintenant. Plus l’année avance, plus la perte de Dax McCarty au profit du Fire se fait sentir. Mais un bon mercato estival pourrait aider Jesse Marsch et ses hommes à redresser la barre. Comme le Galaxy, les Red Bulls ne sont pas complètement largués au classement et peuvent encore viser les éliminatoires. Mais terminer au sommet du classement de la MLS comme ce fut le cas en 2015 et en 2013? On oublie ça.

Dans la catégorie «déceptions», pas le choix de mentionner un certain club finaliste dans l’Est la saison dernière : à la manière des deux équipes mentionnées plus haut, l’Impact ne performe pas à la hauteur de la qualité de son effectif. Un recrutement hivernal quasi nul n’a pas aidé, mais des blessures à Nacho Piatti, Ballou Tabla et Matteo Mancosu ont nui au rythme d’une équipe qui a également une fâcheuse et récurrente propension à être victime de crampes au cerveau en défense. Heureusement, il y a Blerim Dzemaili. N’empêche, les odeurs de saison pourrie se font de plus en plus fortes autour de l’Impact.

En ce moment, les vainqueurs de la dernière Coupe MLS, les Sounders de Seattle, dorment paisiblement dans le ventre mou du classement. Leur parcours n’est ni mauvais ni impressionnant, mais eux aussi sont candidats à un réveil dans les prochains mois... un peu comme ils l’ont fait la saison dernière. N’empêche, le retour au jeu de leur meneur Clint Dempsey, qui a connu des ennuis cardiaques l’an dernier, demeure une belle histoire. Mais on en attend plus du joueur désigné Nicolas Lodeiro, notamment.

Atlanta, le nouveau venu qui fait trembler

Il ne faut pas oublier que la saison 2017 a vu l’introduction de deux nouvelles équipes : Atlanta United et Minnesota United. À la mi-saison, les constats sont les mêmes qu’en mars. Atlanta a mis l’argent et ça paraît, alors que le Minnesota a choisi l’humilité... et ça paraît.

Le club de la Géorgie, propulsé (littéralement) par la fusée Miguel Almiron en milieu de terrain, se trouve actuellement au quatrième rang dans l’Est. Dirigé par l’ancien entraîneur de Barcelone «Tata» Martino, le club compte ces jours-ci sur le retour au jeu de l’attaquant Josef Martinez. Le Vénézuélien avait montré de très belles choses en mars avant de subir une blessure qui lui a fait rater plusieurs matchs. Avec le retour de Martinez, qui compte neuf buts... en neuf matchs, il serait étonnant de voir Atlanta descendre au classement.

Du côté du Minnesota, c’est l’apprentissage à la dure. Après un début de saison catastrophique, le nouveau club de Johan Venegas a pris une certaine erre d’aller, sans trop impressionner. À la mi-saison, les «Loons» se trouvent au fond du classement avec 18 points, et ça ne devrait pas trop changer d’ici la fin de l’année. Pas génial pour renforcer le support des partisans.