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André Ward : un serpent qui mord où ça fait mal

André Ward : un serpent qui mord où ça fait mal

Bernard Barré

Publié 21 juin
Mis à jour 21 juin

Sergey Kovalev est monté sur le ring rempli de mauvaises intentions. Plus puissant que son adversaire. Il était sûr de s’en débarrasser avant la limite.

Revoyez le résumé du combat dans la vidéo, ci-dessus.

Ward avec son grand talent de se transformer en casse-tête trois dimensions, savait bien qu’il était extrêmement dangereux d’échanger coup pour coup avec le Krusher.

Il a donc laissé l’initiative à son opposant, en se disant qu’il trouverait bien la faille au moment opportun.

Quelques coups au corps, ici et là, à l’ex-champion ont laissé planer des doutes sur sa capacité d’encaisser les coups puissants, qui finiraient bien par arriver.

Puis sentant un certain ralentissement chez le Russe, le serpent s’est mis à mordre à la limite de la légalité, sur la ceinture.

Le formidable cogneur Kovalev s’est soudainement mis à cogner pas mal moins fort, trop occupé à se protéger les flancs et l’estomac. Heureux du constat, le serpent s’est mis à frétiller et à ambitionner, lui qui attendait de moment depuis vingt rounds en comptant le premier combat.

Si le premier affrontement avait laissé des doutes sur la légitimité de Ward de devenir champion, celui de samedi a clairement démontré que ce grand athlète américain est le meilleur des deux.

L’arbitre, le vétéran Tony Weeks, a été sévèrement blâmé par plusieurs (beaucoup de partisans de Kovalev), pour sa limite légale de coups au corps, mais les reprises lui ont donné raison.

Quand un boxeur se penche les épaules par en avant de façon exagérée comme l’a fait le Russe, il est presque impossible de le frapper en bas de la ceinture.

De plus, une dure main droite à la tête un instant avant, l’avait téléporté dans le rayon des bonbons mélangés.

Kovalev aura beau mettre un protêt, son chien est mort et on ne le reverra jamais sur le même ring que Ward. Pourquoi? Parce qu’un boxeur aussi brillant que Ward ne prendra plus la chance d’affronter le seul style qui peut faire écrouler son univers, soit un cogneur exceptionnel.

Je pense que notre champion du monde WBC des mi-lourds, Adonis Stevenson vient d’être reculé par le tonnerre, parce qu'il possède un marteau dans le gant gauche.

Maudite misère. Une frustration de plus.