U.S. Open - Final Round

Photo : Brandon Koepka, champion du dernier Omnium des États-Unis. Crédit : AFP

Golf

Un retour souhaité à Erin Hills

Agence QMI / François-David Rouleau

Publié | Mis à jour

Le magnifique parcours d’Erin Hills a reçu un vote unanime des golfeurs. Ils souhaitent s’y mesurer à nouveau dans un prochain Omnium des États-Unis .

Compréhensible, ils ont découpé en petits morceaux un parcours pourtant reconnu pour son interminable longueur et ses conditions peu clémentes.

Les éléments n’ont toutefois pas été facteur déterminant pour faire grimper les scores à ce 117e Omnium américain. Ils ont plutôt contribué à les abaisser, et ce, même par un dimanche venteux dans la campagne du Wisconsin où les bourrasques ont dépassé les 40 km/h. Elles n’ont pas empêché 18 joueurs de briser la normale et Brooks Koepka de frôler la perfection. Celui-ci a par ailleurs bondi au 10e rang mondial avec cette victoire.

Erin Hills faisait l’unanimité en début de semaine. Tant les golfeurs que les experts entrevoyaient de bas pointages dans les doubles chiffres. Le consensus est demeuré le même après la remise du trophée.

«C’était un grand défi, surtout aujourd’hui (dimanche) avec le vent, a soutenu Koepka qui a signé quatre cartes sous la normale. Ici, il faut mettre la balle dans l’allée, sinon tu es sérieusement pénalisé. C’est aussi simple que ça.

«J’ai frappé ma balle dans le long fétuque quelques fois et je l’ai payé cher, a continué celui qui a commis seulement cinq bogueys à ses 72 trous, affichant une impressionnante fiche cumulative de -16. Sur un parcours un peu détrempé, les allées deviennent un peu plus larges et réceptives. Ce parcours est dans un état extraordinaire.»

Il a égalé le record de -16 réussi par Rory McIlroy au Congressional en 2011. L’Irlandais du Nord avait par contre compilé un total de 268 coups, quatre de moins que Koepka qu’il a par ailleurs félicité et accueilli dans son club sélect par un gazouillis sur Twitter.

Le rouge domine

Ironiquement, Koepka, vainqueur de plusieurs tournois à travers le monde, avait raté le couperet à son passage à Erin au championnat amateur américain de 2011. Sans surprise, enrichi de 2,1 M$ US en plus de l’honneur et du trophée, il est acheteur pour un retour dans le cadre du tournoi national. Tout comme les 31 joueurs ayant terminé avec une fiche finale sous la normale, un nouveau record. Le précédent était de 28 à Medinah en 1990.

Les 140 pointages inscrits en rouge au tableau représentent aussi une nouvelle marque, améliorant celle de 124 aussi établie en 1990 à Medinah. Les 1363 oiselets sont aussi la nouvelle barre à atteindre. Il y en avait eu 1241 à Chambers Bay en 2015. On se souviendra que ce parcours avait été largement contesté.

Il fallait s’y attendre, Erin Hills n’a pas fait l’unanimité chez les puristes de l’Omnium américain. Ceux qui jubilent devant des golfeurs qui se cassent la tête, piochent dans l’herbe et affichent des scores au-dessus de la normale. Il faut admettre qu’un parcours juste a offert un spectacle enlevant jusqu’à la toute fin.

«Si le vent avait soufflé toute la semaine, le score gagnant n’aurait pas été le même. Il a été bas, car les verts étaient parfaits. C’était un réel plaisir et facile de s’y exécuter. C’est ce qui explique les scores sous la normale. C’était un bon test», a témoigné Brian Harman ayant terminé au second rang.

«On ne peut pas allonger le parcours en croyant que les gars ne seront pas capables de briser la normale, a-t-il ajouté. Si l’objectif est de jouer au-dessus de celle-ci, il faut rétrécir la largeur des allées, rallonger l’herbe longue et pénaliser les coups autour des verts.»

Plus ferme et rapide

«Je ne comprends pas pourquoi les gens se plaignaient des bas pointages, ce n’était pas si bas pour les meilleurs joueurs au monde. Mais je sais toutefois que les dirigeants du tournoi auraient préféré que le terrain soit plus ferme et rapide», a relaté Justin Thomas après sa contreperformance, dimanche, qui l’a fait glisser au neuvième rang.

Fowler partageait son avis en plus d’avoir apprécié l’aventure. «Nous avons pu jouer de solides rondes de golf, a assuré celui qui est toujours à la recherche d’un premier titre majeur. Normalement, nous sommes secoués au US Open. Ici, ce n’était pas toujours évident. Il fallait être précis. Les bons coups étaient récompensés. Ce serait bien de revenir et affronter un terrain plus ferme. Il nous donnerait beaucoup plus de maux de tête.»

L’an prochain, le 118e Omnium des États-Unis sera disputé au club de golf Shinnecock Hills, à Southampton, en banlieue de New York.