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Piatti-Dzemaili : meilleur duo de la MLS?

Piatti-Dzemaili : meilleur duo de la MLS?

Vincent Destouches

Publié 19 juin
Mis à jour 19 juin

À peine 40 jours après son arrivée à l’aéroport Trudeau, on peut affirmer sans sourciller que l’intégration de Blerim Dzemaili s’est effectuée en deux temps, trois mouvements.

Sur le plan personnel, le Suisse semble s’être fondu dans l’environnement de l’Impact de Montréal, où l’accent italien est très présent.

Pour s’en convaincre, il n’y avait qu’à voir Dzemaili s’amuser comme un gamin avec Marco Donadel et Ignacio Piatti, la semaine passée, au moment d’écouter Matteo Mancosu donner sa toute première entrevue en anglais. Une petite scène issue des coulisses assez révélatrices des liens déjà noués par ces hommes.

Et sur le plan sportif, on peut dire qu’il n’y a pas vraiment eu de temps d’adaptation à l’Impact et à la MLS. Toutes compétitions confondues, Dzemaili a disputé 5 matchs, jouant un petit ou un grand rôle sur 9 des 14 buts marqués lors de cette séquence où l’Impact a revendiqué une fiche de 3 victoires, 1 défaite et 1 match nul.

Dzemaili est un milieu central et polyvalent tel qui manquait à l’Impact. Son penchant offensif et ses courses à retardement dans la surface sont une bénédiction pour une équipe parfois à court d’idée et de verticalité. Mais il ne faut pas occulter sa capacité à défendre. À Orlando, il est celui qui a récupéré le plus de ballons (7) dans les rangs montréalais.

Des chiffres de fou

Bref, tout va bien pour Dzemaili. Il faut dire qu’il a bénéficié d’un facilitateur d’exception en la personne de Piatti. L’entente entre les deux hommes est aussi naturelle qu’efficace. Je n’irai pas jusqu’à dire que l’un finit les phrases de l’autre, mais disons qu’ils parlent vraiment le même langage.

Il n’y a pas donc pas de hasard à constater que le duo Piatti-Dzemaili a été le détonateur du feu d’artifice récent de l’attaque montréalaise. Il n’y a pas plus de hasard à s’apercevoir que l’arrivée de l’international suisse a coïncidé avec une période faste pour Piatti, auteur de 7 buts et 2 passes toutes compétitions confondues depuis le match du 13 mai contre Columbus. 

Ajoutez à cela les 3 buts et 2 passes de Dzemaili – qui est aussi à l’origine de 2 pénalités obtenues – et vous avez un duo qui pèse 10 buts et 4 passes en 5 matchs. C’est du bonbon !

Au-delà des buts, on voit bien lors des matchs que ces deux joueurs se cherchent constamment. À Orlando, Dzemaili a effectué plus de passes à destination de Piatti (9) que tout autre joueur.

L’inverse est aussi vrai, mais si l’Argentin avait lâché le ballon un peu plus que 3 fois pour le Suisse, le résultat à l’arrivée serait peut-être différent. Les deux veulent parfois trop en faire, et il y a fort à parier que ce sera éternellement leur péché mignon lors de leur séjour montréalais. Il faut bien un revers de la médaille à tous leurs exploits individuels...

Piatti, ce héros

Parlant de l’Argentin, je tiens quand même lui rendre hommage. Ce qu’il réalise sur le terrain du haut de ses 32 ans, c’est exceptionnel. J’en ai souvent parlé, mais en dehors de sa technique naturelle, il y a une dimension physique à son jeu qui fait toute la différence.

Non seulement il se sert de son corps pour protéger le ballon, mais il n’hésite pas à en jouer pour écarter des défenseurs de son chemin. Le premier et le troisième but montréalais à Orlando, l’Impact les doit à la pression et à la récupération de Piatti dans les pieds adverses.

Toutes les équipes, au moment de commenter les forces de l’Impact, louent le talent de Piatti. C’est, d’une part, le signe que l’Argentin a enfin la reconnaissance qu’il mérite dans la MLS. Mais la vérité, c’est qu’avec Dzemaili, c’est un duo d’enfer que les défenses doivent maintenant avoir à l’œil.

Même quand le fond de jeu est déficient, l’Impact semble toujours pouvoir s’en remettre à eux, ou plus généralement à ses individualités, pour se sortir du pétrin. C’est bien, mais c’est encore insuffisant. Une attaque de feu n’est rien si, défensivement, le bateau coule.

La place de l’Impact en séries passe par cette quête de solidité défensive. Et pas sûr que la défense à 3 (ou à 5, si vous préférez) puisse acheter un billet pour le tournoi d’après-saison. Pas sûr du tout.