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Auger-Aliassime : une personnalité et une notoriété à forger

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Si la carrière sportive de Félix Auger-Aliassime sur la scène professionnelle a bel et bien pris son envol au cours des derniers mois avec ses nombreux exploits, qu’en est-il de son potentiel commercial?

Sa personnalité et sa notoriété feront foi de tout à long terme, estime le spécialiste en marketing sportif Jean Gosselin.

Ce n’est pas un secret que les multinationales aiment s’arracher les plus grandes vedettes du monde du sport afin qu’elles véhiculent leur message et leur image. En 2016, le Suisse Roger Federer a été le joueur de tennis le mieux rémunéré sur la planète grâce à des gains de 60 mil¬lions $ US en commandites alors que ses performances sur le terrain lui ont permis de toucher 7,8 millions $ US, selon la revue Forbes.

L’étoile montante du tennis canadien est encore à des années-lumière d’empocher de telles sommes, mais son triomphe de dimanche qui l’a fait entrer dans un groupe sélect pourrait ouvrir la voie à toutes sortes d’opportunités commerciales.

Auger-Aliassime est devenu le septième plus jeune joueur de l’histoire à remporter un tournoi Challenger.

«Le potentiel commercial est aussi une question de personnalité, a rappelé Jean Gosselin, qui a négocié des ententes de commandites avec le skieur Jean-Luc Brassard et le plongeur Alexandre Despatie. Dans le cas d’un jeune athlète, [cette victoire] est l’occasion de se faire connaître. Le potentiel sportif est bien là, mais maintenant, est-ce qu’il est capable de représenter une marque et a-t-il envie de le faire?»

Deux carrières en parallèle

Le volet sportif est une chose, le volet commercial et marketing en est une autre. Et ce ne sont pas seulement ses exploits en tant qu’athlète qui aideront Auger-Aliassime à signer de lucratifs contrats de commandites.

«S’il veut augmenter son potentiel commercial, il devra passer d’un joueur de tennis à une personnalité sportive, note l’expert. C’est le défi. Pour l’instant, il n’est pas connu et ce n’est pas un défaut en soi. [...] Il me semble être un bonhomme sympathique, très à son affaire et pas réfractaire à la visibilité. Pour les compagnies de l’extérieur [du tennis], elles vont prendre l’athlète pour l’aider à poursuivre son exercice de notoriété.»

Actuellement, Auger-Aliassime est lié aux équipementiers Babolat et Nike.

Au moment opportun

Selon le spécialiste, il est rare qu’une entreprise décide de s’assurer les services d’un athlète en raison de son avenir prometteur.

«Une entreprise ne se mettra pas un athlète en réserve, explique M. Gosselin. Ce serait très exceptionnel et il faut que la compagnie ait un objectif d’investissement communautaire ou corporatif. Elle investira quand l’athlète atteindra une maturité promotionnelle.»

L’exemple de McDonald’s avec Despatie illustre cette situation unique, alors que «la longévité [de l’entente] a contribué à bâtir la notoriété de l’athlète».