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Crédit : photo Bernard Brault

Golf

Un Québécois ambitieux

Publié | Mis à jour

Il y a fort longtemps qu’un Québécois a pris part à l’Omnium des États-Unis. Foi de Hugo Bernard, il y en aura un l’an prochain.

Le champion amateur canadien ne vise rien de moins qu’une participation à la 118e édition du tournoi national américain, qui aura lieu à Shinnecock Hills, à New York.

Si son vœu se réalise, il succédera au Montréalais Yohann Benson, qui s’était faufilé à Torrey Pines en 2008.

Selon les registres et les archives de l’Association américaine de golf des États-Unis (USGA), peu de Québécois ont réalisé cet exploit. Ils seraient uniquement cinq golfeurs de la Belle Province : J.S. Gillespie et Charles-Richard Murray figuraient parmi les 89 golfeurs inscrits au tournoi de 1903 à Baltusrol, dans le New Jersey. Stan Leonard, du club de golf de Lachute, avait participé à celui de 1957 à Inverness, en Ohio. Et Adrien Bigras avait raté le couperet de six coups à Oakmont, en 1962.

Bernard est décidé à suivre leurs traces. Il y a exactement deux semaines, il a effectué trois coups de trop à la qualification régionale, dernière étape vers Erin Hills. Au club Brookside, en Ohio, il s’est tiraillé avec les Keegan Bradley, Bryson DeChambeau, Stewart Cink et David Lingmerth, qui ont décroché des entrées.

Erreur coûteuse

Une gaffe sur une normale 5 de 550 verges en première ronde l’a forcé à inscrire un double boguey à sa carte. Il a enregistré des rondes de 71 et 68 pour un pointage cumulatif de -5. Il a devancé des golfeurs aguerris comme Luke Donald et Davis Love III ainsi que les Canadiens Mackenzie Hughes et Nick Taylor.

«Je n’ai pas joué de manière extraordinaire, mais j’ai bien fait. Je sentais que c’était possible de me qualifier. Je suis passé proche. Je vois que mon jeu n’est pas très loin des bons golfeurs pros. J’en ai au moins battu plusieurs bons», a indiqué le golfeur gaucher de 22 ans en entrevue avec Le Journal de Montréal, ce week-end, alors qu’il était en tournoi en Pennsylvanie.

«Il me manque un peu d’expérience et de maturité. Je vais tenter à nouveau de me qualifier l’an prochain en jouant des bonnes rondes. Je veux participer à l’Omnium», a-t-il soutenu.

Expérience enrichissante

Bernard ne s’apitoie surtout pas sur son sort. Épaulé dans cette aventure par le Québécois Julien Trudeau, cadet du Canadien Graham DeLaet dans la PGA, il a pris une bonne dose d’expérience dans cette qualification alors qu’il était jumelé à Keegan Bradley, vainqueur du Championnat de la PGA en 2011.

«C’était une superbe journée pour sa carrière. Je l’avais vu jouer en Arizona cet hiver, il est très impressionnant. Il ne lui manque rien. Il a tous les outils dans son coffre pour avoir du succès, a certifié Trudeau, en conversation téléphonique. Il frappe des coups inimaginables. Il va prendre de l’expérience en jouant, celle qu’on n’apprend pas dans les livres ou à la télévision. Ce sera intéressant de suivre sa carrière.»

Bernard s’arrêtera cette semaine pour un tournoi dans le Rhode Island. Il vise toujours un bond dans le top 30 des meilleurs amateurs au monde. Une piste qui le mènera vers le Q-School du circuitWeb.com cet automne.