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Pittsburgh - Nashville

Sidney Crosby, le fils adoptif

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Mario Lemieux regardait ses joueurs avec énormément de fierté quelques minutes après la conquête de la coupe Stanley des Penguins. C’était un cinquième sacre pour l’ancien numéro 66, trois fois dans un rôle de propriétaire et deux fois comme joueur.

Si Lemieux a longtemps été l’image des Penguins, il a transmis cette responsabilité à Sidney Crosby depuis son arrivée à Pittsburgh lors de la saison 2005-2006. Le grand Mario avait pris «Sid the Kid» sous son aile en l’invitant à vivre chez lui pour ses premières campagnes dans la LNH.

Généralement peu bavard avec les journalistes, Lemieux a fait exception à sa propre règle pour parler de son dauphin.

«C’est spécial de le voir gagner une troisième fois la coupe Stanley, a raconté le propriétaire de 51 ans. Sid fait partie de notre famille. Il a vécu avec nous pendant des années à Pittsburgh. Il est encore souvent chez nous, même depuis son départ. Les enfants le voient comme un autre frère pour eux. C’est quelque chose de spécial pour lui d’avoir son nom deux fois sur le Conn-Smythe et trois fois sur la coupe Stanley. Et c’est sans parler de ses autres titres ou records.»

En gravant son nom sur le trophée Conn-Smythe, Crosby est devenu le sixième joueur seulement de l’histoire à remporter ce prestigieux trophée pour une deuxième fois. Et il a imité Mario Lemieux (1991 et 1992) et Bernard Parent (1974 et 1975) en le gagnant pour une deuxième année d’affilée.

«Pour Sid, ça solidifie sa place parmi les plus grands de l’histoire de notre sport», a répliqué Lemieux.

Heureux pour Malkin et Fleury

Au début des années 90, les Penguins étaient l’équipe de Lemieux et de Jaromir Jagr. Le 66 et le 68 ont bu deux fois du champagne dans le gros saladier. Crosby et Evgeni Malkin ont maintenant vécu cette expérience à trois reprises.

«C’est incroyable, a mentionné Lemieux. Ils ont grandi au sein de notre organisation. Ils sont deux grands joueurs. Malkin fait aussi partie des icônes du hockey, pas juste Sid. J’ai aussi une pensée pour Marc-André Fleury qui réalise aussi quelque chose de très grand avec lui aussi une troisième conquête.»

«C’est un défi tous les ans de gagner la coupe Stanley, a-t-il poursuivi. Jim Rutheford a fait tout un travail. Il a bien négocié avec le plafond salarial et il a inséré de nouveaux jeunes joueurs. Nous avions un peu moins de vétérans. Mais nous avons bien repêché au cours des dernières saisons pour ajouter des Sheary, Rust, Guentzel ou Kuhnhackl. Ils nous ont aidés à remporter une deuxième coupe Stanley d’affilée.»

Questionné à savoir si nous devions considérer les Penguins comme une dynastie, Lemieux n’a pas hésité longtemps avant de répondre.

«Non, ce n’est pas une dynastie, a-t-il tranché. Pour parler d’une dynastie, il faut gagner la coupe Stanley quatre ou cinq fois d’affilée. Nous sommes encore loin.»

Deux phénomènes

En conférence de presse après la rencontre, Mike Sullivan a aussi envoyé des fleurs au monstre à deux têtes des Penguins, soit Crosby et Malkin.

«Ils sont deux joueurs spéciaux, a affirmé l’entraîneur en chef. Ils sont deux talents générationnels. Même s’ils ont des personnalités et qu’ils sont différents comme joueurs, ils ont la même passion pour leur sport. Les entraîneurs restent très reconnaissants de leur importance. Nous sommes chanceux de miser sur deux joueurs aussi talentueux. Je ne crois pas que tu peux trouver deux aussi bons joueurs pour construire une équipe.»