Pittsburgh - Nashville

L’architecte vit enfin le rêve

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Plusieurs grands joueurs ont marqué leur époque sans avoir eu l’opportunité de soulever la coupe Stanley. Ce constat est aussi valide pour certains hommes de hockey qui ont besogné longuement sans même approcher le précieux trophée. David Poile, directeur général des Predators, vit enfin sa première finale après 45 ans de labeur dans la LNH.

La longue odyssée de Poile dans la ligue a pris racine en 1972 dans le rôle obscur d’assistant administratif avec les Flames d’Atlanta, avant qu’ils ne plient bagage pour Calgary. Cinq ans plus tard, il était promu comme adjoint au directeur général.

Son flair de dépisteur lui a vite valu de se faire remarquer, si bien qu’il a hérité du rôle de DG des Capitals de Washington en 1982, pour une période faste de 15 ans. Mais ironiquement, il a quitté cette chaise un an à peine avant l’unique participation des Capitals en finale de la Coupe Stanley.

C’est en 1998 qu’il a repris les mêmes fonctions avec l’équipe d’expansion de Nashville, un mandat qu’il occupe sans relâche depuis, même si l’équipe qu’il a construite n’avait jamais franchi le second tour éliminatoire.

«Je n’ai jamais douté de moi, mais j’ai peut-être douté que cette journée arrive un jour», a-t-il réfléchi dimanche dans un éclat de rire, à propos de sa première présence en finale.

L’art d’apprécier

Peu de directeurs généraux au fil du temps ont la chance de conserver leur poste durant d’aussi longues périodes que Poile sans ramener le gros saladier.

Toutefois, ses Preds n’ont raté les séries que trois fois depuis 2003. En 15 ans sous son règne, les Caps n’ont raté le bal printanier qu’une fois. Ses succès ne se démentent pas, mais la marche pour atteindre la finale demeurait infranchissable jusqu’à la semaine dernière.

«Je peine à croire à quel point je suis excité. Je me sens comme à mon premier jour au boulot. Je suis tellement fier pour cette franchise, pour cette équipe.

«C’est ce qui m’est arrivé de mieux, c’est tout simplement fantastique. J’essaie de savourer chaque moment. Peut-être qu’après toutes ces années, j’apprécie davantage ce qui arrive que quelqu’un qui arrive au même point à un jeune âge», s’est-il exprimé.

Des échanges audacieux

En plus de repêchages productifs, les Predators font aujourd’hui vibrer Nashville en partie parce que leur grand patron n’a jamais craint d’appuyer sur la gâchette au moment de réaliser des transactions majeures.

Dans un passé pas si lointain, Ryan Suter et Shea Weber s’avéraient les piliers défensifs de la formation. Puis, Seth Jones semblait destiné à assurer leur relève pour la prochaine décennie. Or, les trois évoluent maintenant sous d’autres cieux.

«Nous sommes chanceux que les choses se soient passées ainsi et que nous misions toujours sur l’une des meilleures défenses de la ligue. Tout le mérite revient à nos dépisteurs, qui me donnent les outils pour réaliser de telles transactions», a-t-il humblement mentionné.

L’arrivée de Subban

Pour ce qui est de la fracassante acquisition de P.K. Subban l’été dernier, Poile ne s’est pas aventuré jusqu’à dire qu’elle avait propulsé les Predators en finale, mais reconnaît que l’ancienne vedette du Canadien a joué un rôle clé.

«Notre organisation allait déjà dans la bonne direction depuis deux ou trois ans et nous avons effectué quelques changements pour nous améliorer offensivement. P.K. est l’une des grosses raisons pourquoi nous sommes ici aujourd’hui. Mais je veux aussi donner le mérite à toute l’équipe. Nous avons utilisé 18 attaquants jusqu’à présent en séries. Sans la contribution de tout ce monde, nous n’en serions pas là.»