Paul Rivard

Tennis de A à Z

Tennis de A à Z

Paul Rivard

Publié 20 mai
Mis à jour 20 mai

Trop de choses à écrire sur trop de sujets, concernant trop de joueuses et de joueurs de tennis. J’ai donc décidé de dresser la nomenclature suivante, non exhaustive, en ne retenant que la moitié des lettres de l’alphabet.

Auger-Aliassime, Félix – L’adolescent québécois revient d’une tournée en Asie où il a connu moins de succès qu’en début d’année. Après trois semaines chez lui, il disputera un tournoi de type Challenger à Lyon, où on lui a accordé un laissez-passer.

Félix est à apprivoiser sa nouvelle vie de professionnel, ce qui implique un calendrier éreintant de tournois et de voyages. Tout de même, il a commencé 2017 au 613e rang et se situe au 332e échelon, ce qui en dit long sur ce début d’année. On a peine à croire qu’il n’a que 16 ans... pour trois mois encore.

Bouchard, Eugenie – Tout a été écrit, ou presque, jusqu’à tout récemment sur «Genie». Son émergence à Madrid, après une désastreuse séquence de cinq éliminations consécutives au premier tour, était rafraîchissante. Sa victoire sur Maria Sharapova, dans le contexte que l’on connaît, lui a fait retrouver plusieurs admirateurs. Et surtout, sa nouvelle attitude, rappelant la Bouchard de 2014, était belle à voir. Prometteuse, surtout.

Mais il faut attendre quelques tournois avant de juger si Bouchard a vraiment changé et si nous pourrons voir poindre une «Eugenie 2.0» d’ici la fin de 2017. On ne demande qu’à être éblouis.

Cuevas, Pablo – C’est à lui que revient le coup le plus spectaculaire de l’année au tennis. Si le fameux «Tweener», ce coup entre les jambes, dos au filet, a le don de nous émerveiller, il est plus que fréquent. Ce que Cuevas a réussi, contre le représentant de la lettre «Z», au tournoi de Madrid, relève du délire. 

Federer, Roger – Le «nouveau» Roger, pourrait-on dire avec ce début aussi surprenant qu’impressionnant en 2017, est devenu Roger «l’invisible» depuis le 2 avril dernier, quand il a complété en Floride le prestigieux doublé Indian Wells / Miami. Parti 15e en janvier, il occupe la 5e position mondiale et ne réapparaîtra qu’au début de la saison sur gazon en vue d’obtenir un autre titre à Wimbledon.

Si sa décision de disparaître et de faire l’impasse sur toute la saison de terre battue a paru surprenante, elle s’avère pourtant brillante et logique. À 35 ans, Federer est dans une forme superbe, mentalement comme physiquement, et il choisit dorénavant ses combats. Il semble encore loin de la retraite et, comme Serena Williams, se ménage pour atteindre de nouveaux sommets en Grand Chelem, histoire de cimenter sa place à titre de G.O.A.T. (Greatest Of All Time) 

Novak Djokovic
Crédit photo : AFP

Djokovic, Novak – Le «Djoker» rit moins souvent depuis quelques mois. Après avoir trôné au sommet de l’ATP pendant près de 28 mois consécutifs, le Serbe a perdu son premier rang aux mains du Britannique Andy Murray, l’automne dernier.

Toute la seconde moitié de 2016 avait été parsemée de doutes. Exit son entraîneur de prestige, Boris Becker. Puis, à part un humble titre au tournoi du Qatar en janvier dernier, plus rien. Des sorties rapides, des contre-performances et un questionnement profond. Exit son entraîneur de longue date Marian Vajda et une bonne partie de l’équipe. Il repart en neuf, sans entraîneur, jusqu’à ce qu’il se soit formé un nouveau clan.

Kyrgios, Nick – Après le «nouveau Roger», pourrait-on parler du «nouveau Nick»? Chose certaine, ce surdoué Australien semble s’être assagi. Son épique demi-finale contre Federer à Miami, puis une belle prestation en Coupe Davis, agrémentée de déclarations empreintes d’humilité, nous laisserait entrevoir cette possibilité. Kyrgios est un monstre de talent, mais il peut également être un monstre tout court.

Et comme on ne change pas du jour au lendemain, je me garde une certaine réserve avant de conclure ce que tous espèrent, soit que Nicholas Hilmy Kyrgios, à seulement 22 ans, ne laisse transparaître que son talent. Un titre du Grand Chelem l’attend au détour... et dans peu de temps.

Murray, Andy – Comme c’est le cas au tennis féminin, il semble que ce titre de numéro un mondial lui ait brûlé les doigts. Depuis qu’il a mis le pied sur le premier échelon mondial, Murray peine à retrouver la magie de 2016. À l’instar de celui qui est à la lettre «D», 2017 n’a rien de jojo avec un seul titre à Dubaï et bien des sorties rapides.

Andy Murray
Crédit photo : Oscar Gonzalez/WENN.com

Nadal, Rafael – On le croyait sur le déclin (comme celui de la lettre «F»), mais on se trompait. Le gaucher de Manacor semblait parti pour répéter son hallucinant exploit de 2005, lorsqu’il avait aligné cinq triomphes sur la terre battue (Monte-Carlo, Barcelone, Madrid, Rome et Paris). Après avoir enlevé les trois premiers de 2017, Nadal a vu sa quête être stoppée net par le représentant de la lettre «T» en quarts de finale à Rome. Mais craignez-le à Roland-Garros. Rafa n’a toujours pas dit son dernier mot.

Premier rang mondial, WTA – Comme mentionné à la lettre «M», le trône du circuit féminin semble brûler les doigts de quiconque s’en approche, à moins que vous ne soyez Serena Williams. Le nombre de joueuses qui y ont accédé, puis qui y ont connu des règnes moyens ou carrément éphémères est stupéfiant. En moins de 10 ans, les Sharapova, Ivanovic, Jankovic, Safina, Wozniacki, Clijsters, Azarenka et Kerber ont posé tour à tour la couronne sur leur tête.

La dernière en lice et actuelle monarque, Angelique Kerber, connaît une saison plus qu’ordinaire et confirme la règle. Si elle y reste un moment, c’est parce que Serena Williams a pris son «congé de maternité» et en raison du manque de constance de Karolina Pliskova, pourtant une prétendante de calibre.

Raonic, Milos – Le meilleur joueur de l’histoire du tennis canadien continue de se battre avec son plus terrible adversaire, son corps. La progression de Raonic, depuis quelques années, est indéniable. Doté d’un service terrifiant, il a petit à petit rempli son coffre de tous les autres outils nécessaires à la progression vers le top 3 mondial... qu’il a atteint brièvement. Raonic est une bête de travail, un gars sérieux, un athlète discipliné et un être talentueux.

Mais il ne parvient que rarement à justifier toute cette progression tennistique, car les blessures, puis le manque d’activité, finissent par le contraindre à faire du surplace. Souhaitons-lui un peu de répit d’ici la fin de l’année. Et des victoires.

Crédit photo : AFP

Sharapova, Maria – Elle aura fait parler d’elle, la Maria, ce printemps. Son retour à Stuttgart, sa défaite devant Eugenie Bouchard qui avait «renié» son idole publiquement deux semaines auparavant, la controverse touchant les tournois lui ayant accordé des passe-droits tout comme la décision de Roland-Garros de ne pas le faire, voilà que la grande Russe doit soigner une blessure à une cuisse tout en se préparant à disputer les qualifications en vue du tournoi de Wimbledon.

Cela dit, après 15 mois hors de la compétition, il est clair que son niveau reste plus qu’admirable et qu’elle peut rivaliser avec la plupart des membres du top 10 de la WTA. Il restera encore quelques chapitres à écrire pour une éventuelle réédition de la biographie qu’elle a lancée (tiens...tiens...) en même temps qu’elle effectuait son retour au jeu, suivant ses 15 mois de suspension pour dopage.

Crédit photo : AFP

Thiem, Dominic – S’il n’était pas si âgé, à 23 ans, on pourrait placer Thiem dans ce groupe nommé «Next Gen» (voir lettre «Z» plus bas). C’est lui qui a mis fin à cette nouvelle et tardive quête d’un quintuplé par Rafael Nadal pendant cette saison de terre battue. On ne tarit pas d’éloges depuis quelques années sur le jeu et le potentiel de l’Autrichien.

Williams, Serena et Venus – Comme Kim Clijsters, Serena Williams devrait pouvoir revenir au plus haut niveau après son accouchement et même, un an plus tard, reprendre son titre de numéro un mondiale que si peu de joueuses de la WTA semblent en mesure de récupérer pendant son absence. On ne peut que lui souhaiter du bonheur pendant cette longue pause, tout en suivant à la télé sa sœur aînée, Venus, qui ne cesse de repousser les limites.

À 37 ans dans moins d’un mois, V.M. demeure un modèle de détermination, elle qui continue de donner un bon spectacle malgré le poids des années et cette maladie qui l’avait ralentie en 2011.

Zverev, Alexander – La nouvelle sensation du tennis masculin, clairement le plus flamboyant de la «Next Gen», ce groupe identifié comme la «Nouvelle génération» et qui visera à identifier un successeur aux Murray, Djokovic, Federer et Nadal au sommet de la hiérarchie masculine.

Alexander Zverev, un Allemand qui vient d’avoir 20 ans, a connu toute une progression. Il est passé du 80e au 24e rang mondial au cours de l’année 2016. Arrivé dans le top 15, le jeune homme a tout ce qu’il faut pour aspirer au top 3 d’ici quelques années.