LHJMQ

Un premier revers pour les Sea Dogs à la Coupe Memorial

François-David Rouleau / Le Journal de Montréal

Publié | Mis à jour

Après une gueule de bois qui a duré 44 jours, les Spitfires ont pris leur envol dès le match d’ouverture de la coupe Memorial, vendredi soir.

Ils ont vaincu les champions de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), les Sea Dogs de Saint John, 3-2 à leur domicile du WFCU Center.

Il s’en est toutefois fallu de peu pour qu’ils revivent un cauchemar en fin de match. Les Loups de mer ont inscrit deux buts rapides, tard en troisième période.

Le travail des espoirs du Canadien de Montréal n’a donc pas été relégué aux oubliettes en parlant d’une remontée épique.

Jeremiah Addison a touché la cible et Mikhail Sergachev a récolté deux aides.

Le défenseur russe s’est relevé de la pénible série qu’il a vécue contre les Knights de London il y a plus d’un mois. Il avait été le pire défenseur dans son territoire en terminant les sept matchs avec un différentiel de -6.

Vendredi soir, il a montré pourquoi le Canadien lui avait fait signe au neuvième rang de l’encan 2016. Il a appliqué un jeu simple et efficace tout en appuyant l’attaque comme il sait si bien le faire. Il s’est même permis une échappée lors d’une infériorité numérique en première période. Son tir a toutefois percuté la barre transversale derrière Callum Booth.

«J’essaie de m’appliquer et d’être efficace en défensive, ça aide ensuite à avoir du succès à l’attaque, a expliqué Sergachev, heureux de démarrer du bon pied dans un match marqué par la robustesse. C’est un départ énorme pour nous, car nous venons d’envoyer un message clair aux autres équipes.»

Duel de gardiens

Justement, Booth a connu une bonne soirée de travail malgré la défaite. Le pointage aurait facilement pu être plus salé. L’espoir des Hurricanes de la Caroline a bloqué 20 rondelles, dont plusieurs peu commodes. Il a entre autres frustré Logan Brown à plusieurs reprises.

Son vis-à-vis Michael DiPietro a aussi fermé la porte aux bons moments. Il a réalisé son plus bel arrêt en privant le capitaine des Sea Dogs, Spencer Smallman, du but égalisateur au premier vingt. Étendu sur la glace, il a sorti la mitaine à la dernière fraction de seconde.

C’est Addison qui avait au préalable brisé la glace lors d’une attaque massive avec cinq minutes à écouler à l’engagement initial. Son dangereux coéquipier, Jeremy Bracco, l’a repéré dans l’enclave. Le choix de septième ronde du Tricolore en 2015 a aussitôt dégainé en logeant la rondelle dans la lucarne. Une première raison de célébrer pour les 5926 spectateurs qui ont attendu cette soirée depuis le début avril.

Bracco s’est démarqué à nouveau lors d’une percée offensive en sixième vitesse, aidé par Sergachev. Il s’est moqué du défenseur tchèque, Jakub Zboril, avant de sauter sur son retour. Une réussite qui a secoué les Sea Dogs qui présentaient déjà des signes inquiétants. Dès le retour du vestiaire, Aaron Luchuk a ajouté son grain de sel. Planté devant le filet, il a fait dévier le tir de la pointe de Sergachev.

Les «Dogs de Port City» sont sortis de leur torpeur en fin de match, mettant un peu de piquant à une performance décevante. Nathan Noel a d’abord privé le gardien de 17 ans d’un jeu blanc et Thomas Chabot a fait secouer les cordages 25 secondes plus tard en menaçant sérieusement les hôtes qui ont tenu le coup.

Les Sea Dogs se mesureront aux Otters d’Erie, lundi.

Trop peu trop tard

Certains disent «mieux vaut tard que jamais». D’autres disent trop peu, trop tard.

Les deux situations s’appliquent à la performance des Sea Dogs qui se sont réveillés en fin de troisième période après 55 minutes plus qu’ordinaires en évitant de perdre la face.

«C’est la nature du joueur de hockey qui est ressortie dans la remontée. C’est impossible de gagner un match à la coupe Memorial en jouant cinq minutes sur 60», a averti le vétéran défenseur Simon Bourque.

«Nous n’avons pas joué selon notre identité, a ajouté l’espoir du Canadien. Nous étions nerveux et mous pour un premier match.»

«Nous devons être meilleurs si on veut gagner ce tournoi», a mentionné l’entraîneur-chef Danny Flynn.

Ses Sea Dogs ont souvent paru frustrés en étant limités à 22 tirs, eux qui ont maintenu une moyenne de 40 tirs par match dans leur parcours éliminatoire dans la LHJMQ.

«Nous avons essayé de chercher les jeux parfaits au lieu de tirer, a analysé Thomas Chabot. Nous n’avons pas appliqué notre style de jeu. C’était peut-être la nervosité, mais nous n’avons pas exécuté nos jeux habituels.

«Nous devons jouer 60 minutes, a-t-il continué. On a vu que nous avons joué cinq minutes et nous avons failli gagner. Il faut faire mieux.»