Crédit : Corey Sipkin / Agence QMI

Vincent Destouches

Le casse-tête défensif

Le casse-tête défensif

Vincent Destouches

Publié 21 avril
Mis à jour 21 avril

La nouvelle est tombée jeudi matin: Victor Cabrera souffre d’une entorse plus grave que prévue et sera absent des terrains jusqu’à 6 semaines, selon Mauro Biello.

La blessure de l’Argentin, habituel titulaire en défense centrale de l’Impact de Montréal, est un coup dur. Mais ce qui serait mal vécu dans la plupart des clubs de la ligue est pris avec une certaine sérénité par les partisans montréalais.

Cela dénote une situation particulière chez le Bleu-Blanc-Noir.

En aucun cas, la qualité de Victor Cabrera n’est remise en cause. Que l’on ne vienne pas me dire qu’il n’est pas un bon joueur ! D’ailleurs, les statistiques sont éloquentes: en 2016, il était le roi des interceptions en MLS (juste devant Laurent Ciman), avec 4,5 interventions réussies par match. Et cette année, il continue de régner sur la ligue, avec exactement le même ratio.

Ce chiffre en dit long sur les caractéristiques de Cabrera, qui est un défenseur assez solide dans les duels, doté d’un bon sens de l’anticipation et dont le jeu comporte une certaine part de risque. De fait, il passe parfois au travers de ses matchs. D’autres fois, il est juste phénoménal.

Début difficile

Blessé à San Jose, expulsé contre Chicago, suspendu à Los Angeles et contraint de sortir sur blessure face à Atlanta... Cabrera ne l’aura pas eu facile en ce début de saison. Son absence régulière du XI partant est l’une des raisons pour lesquelles la nouvelle de son indisponibilité ne provoque pas nécessairement un sentiment de vide.

Avec 275 minutes de jeu à son compteur, il a jusqu’ici moins foulé les terrains de la MLS que ses compères Chris Duvall (519 minutes), Laurent Ciman (450 minutes), Ambroise Oyongo (450 minutes) et Hassoun Camara (281 minutes).

En six matchs cette saison, l’Impact a dû jouer avec quatre quatuors défensifs différents au coup d’envoi, au gré des blessures et des suspensions. Signe que la profondeur a été testée : Wandrille Lefèvre, Daniel Lovitz et Kyle Fisher ont tous eu l’opportunité de jouer, ce dernier disputant même ses premières minutes en défense centrale chez les professionnels.

Avouons-le : il y a là une certaine ironie du sort. Alors que, durant la saison morte, le mot d’ordre chez l’Impact était «stabilité», ce début de saison 2017 nous offre une grande instabilité, surtout en défensive. Résultat? Avec neuf buts encaissés en six matchs, l’Impact dispose de la 15e défense de MLS (sur 22).

Complémentarité

Selon toute vraisemblance, la blessure de Cabrera va pousser le quatuor Oyong-Ciman-Camara-Duvall sous le feu des projecteurs. Est-ce la formule gagnante pour les Montréalais? Il y a des raisons de le penser.

Si Cabrera et Ciman sont deux joueurs hors norme, leurs similarités nuisent parfois à l’Impact dans un secteur de jeu où la chimie peut faire toute la différence. Les deux préfèrent monter sur l’adversaire et attaquer le ballon que de rester en couverture et lire le jeu.

Camara n’est peut-être pas le renfort attendu par les partisans durant la saison morte, mais en plus de représenter un atout de taille dans la surface, il semble davantage à l’aise dans l’alternance entre couverture et marquage.

L’argument le plus fort en faveur d’une charnière Ciman-Camara, c’est Biello lui-même qui l’a avancé à la fin de l’été dernier, lorsqu’il a avoué qu’il s’agissait de son duo le plus complémentaire en défense centrale.

Reste que tout n’a pas été rose lorsque ces deux joueurs ont été alignés ensemble. Les superstitieux noteront que Ciman et Camara étaient à l’œuvre dans l’axe lors des deux défaites concédées par l’Impact cette saison...

Comme à la guerre...

Je pense sincèrement que le duo Ciman-Camara a une durée de vie qui équivaut à la durée de la convalescence de Cabrera. Car l’Impact a trop investi en l’Argentin pour en faire un joueur de banc.

Mais quand une défense fonctionne, on n’y touche pas. Biello l’a répété jeudi matin : il veut que l’Impact soit une équipe extrêmement difficile à battre. Bref, la défense doit dicter sa loi.

Alors, l’audition commence samedi à Philadelphie pour la paire franco-belge.