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Boxe

Lomachenko: le meilleur livre pour livre?

Lomachenko: le meilleur livre pour livre?

Bernard Barré

Publié 12 avril
Mis à jour 12 avril

Dans le monde de la boxe, comme dans tous les autres sports, des athlètes exceptionnels vont parfois apparaître et faire rayonner la discipline.

Le rayon de soleil de la boxe professionnelle est sans aucun doute ce boxeur ukrainien, Vasyl Lomachenko, qui après avoir dominé d’une façon outrageuse la boxe olympique, est déjà considéré par plusieurs experts comme le meilleur livre pour livre chez les professionnels.

396 victoires contre une seule défaite et surtout plusieurs gains contre la crème de la crème internationale.

Deux titres olympiques, le trophée Val Barker en 2008 à Pékin, deuxième pour ce même trophée à Londres en 2012, ce qui aurait été une première dans l’histoire olympique en plus de cent ans. Trois fois champions du monde, son bilan se compare même aux triples médaillés d’or olympiques, le Hongrois Laszlo Papp et les Cubains Teofilo Stevenson et Felix Savon.

Champion du monde junior en 2006, j’avais eu l’opportunité, en compagnie de Marc Ramsay, d’assister à sa seule défaite de sa carrière amateur, en finale au Championnat du monde amateur senior à Chicago en 2007. Cinq victoires avaient précédé cet accident de parcours. Son vainqueur, le russe Albert Selimov, l’a retrouvé sur son chemin, sans succès, à deux reprises par la suite. En ouverture aux Jeux olympiques de Pékin et dans la série semi-pro (World Series) de l’association de boxe olympique amateur.

De ma couverture des cinq Jeux olympiques, le round qui m’a le plus survolté a été la finale à Pékin quand le Français Djelkhir avait décidé de jouer le tout pour le tout en l’attaquant violemment d’entrée de jeu. Comme le proverbe le dit si bien «qui sème le vent récolte la tempête», la finale s’est terminée au bout de 111 secondes, qui m’ont fait vibrer et que je ne l’oublierai jamais. Mon micro non plus d’ailleurs!

Mon partenaire des Jeux de Londres, le vénérable Jean Paul Chartrand père, qui en a vu bien d’autres, est littéralement tombé en amour avec le style explosif de ce grand champion. Il capotait de le voir dominer ses adversaires par un jeu de pied exceptionnel et une technique efficace, qui se traduit bien souvent par une rafale de mitraillette qui fait des trous partout. Pourtant, ce n’est pas facile d’impressionner ce grand connaisseur.

Son parcours chez les pros est aussi exceptionnel. Champion du monde à son troisième combat, il est de plus en plus à l’aise, et ses six défenses de titre le prouvent. Une tache à son dossier à effacer, une défaite très serrée, à son deuxième combat contre l’ex-champion du monde, le mexicain Orlando Salido qui avait une fiche de 41 victoires, 12 défaites et 2 combats nuls à ce moment- là. Le genre de boxeur fort physiquement, qui en plus, n’a pas respecté la limite de poids à la pesée et qu’on fuit comme la peste en début de carrière. Mais pas Lomachenko. Un combat revanche éventuelle, va nous faire vivre de grandes émotions, sans aucun doute.

Entre temps, suivez ce diable d’homme, «Hi-Tech» de son surnom, qui permet à notre sport d’attirer l’attention planétaire. Plus besoin d’un phénomène, on l’a.

(Un texte de Bernard Barré)