Ski et planche

Week-end de rêve pour Alex Harvey

Alain Bergeron

Publié | Mis à jour

Alex Harvey qui finit deuxième au terme d’une bataille épique avec deux Norvégiens, un chien qui s’invite au 12e kilomètre, un spectacle fou et une foule allumée; pour trouver l’équivalent sur les plaines d’Abraham, il faut espérer une chaude soirée au Festival d’été.

Aux portes du printemps, c’est ce que nous a réservé dimanche la poursuite de 15 km en style libre en clôture des finales de la Coupe du monde de ski de fond, un exercice ultime qui a confirmé Harvey au troisième rang du classement général de la saison.

En 32 min 45 s, le Québécois a illustré par l’effort à des dizaines de milliers de spectateurs les exigences d’un métier qu’il pratique en Europe durant ses longs hivers. S’il a échappé le premier rang par un ongle d’orteil au profit du Norvégien Johannes Hoesflot Klaebo, l’appui reçu par les spectateurs massés le long du parcours s’est transformé pour lui en victoire.

«Je me dis qu’il y a un intérêt pour le sport, au moins au Québec et au moins dans la ville de Québec. Ce n’est pas vrai que le ski de fond est un sport de "pépère". Le monde vient voir. C’est cool. Il y a moyen de rendre ça attrayant et le rendre cool autant pour les jeunes de cinq ou six ans que pour les grands-parents», a commenté l’athlète de 28 ans.

Entrevue: Alex Harvey termine deuxième à la poursuite - TVA Sports

Débat à trois

S’élançant 22 secondes après Klaebo en compagnie du Norvégien Niklas Dyrhaug, Harvey avait déjà décidé, dans la deuxième des quatre boucles de 3,75 km, qu’il voulait participer au feu d’artifice final. Après 12 minutes, la course est devenue un débat entre trois hommes.

L’intrigue s’est accentuée. Puis, comme si on avait besoin d’une flammèche pour embraser la journée, un chien s’est extirpé de la foule et a bondi dans les jambes du trio de meneurs. Curieux de voir à quoi ressemblait un champion du monde, le cabot a vite convenu que ce genre de chasse n’était pas pour lui.

«Je ne lui ai pas crié après, mais j’ai regardé sur le bord du chemin pour que quelqu’un le ramasse. Ça a juste ajouté à l’anecdote. Ça ajoute à l’histoire des finales», s’en est amusé Harvey après la course.

Au chat et à la souris

Avec moins de deux kilomètres à jouer, ce chien réel a ensuite mis la table pour un jeu du chat et de la souris. Dyrhaug et Klaebo ont chacun à leur tour lancé une attaque en souhaitant perdre le chouchou du public, qui a tenu bon.

À la limite de l’épuisement, les trois fuyards se sont presque immobilisés pour s’étudier en prévision de la commande du sprint qui les attendait.

«C’était tellement bruyant que pour donner nos temps de passage, nos entraîneurs et ceux des Norvégiens les écrivaient sur des feuilles de papier. Au dernier tour, ils ne donnaient plus les temps de passage. Les Norvégiens ont seulement écrit «plan». Je savais ce qu’ils prévoyaient: “Si on se retrouve au dernier tour et qu’on n’a plus qu’un Norvégien contre Alex, ils avaient convenu d’un plan contre moi et ils l’ont appliqué», a commenté Harvey, disant que c’était «de bonne guerre».

«Si j’arrivais deuxième (dans le dernier virage), je savais que j’avais de bonnes chances de revenir sur Niklas. Je savais aussi que ma meilleure chance de battre Klaebo, c’était d’entrer dans le virage devant lui parce qu’il est vraiment très rapide. Il a juste réussi à livrer un sprint un peu meilleur que moi», a-t-il salué.

Ce match unique nous a rappelé à juste titre pourquoi l’organisme qui veille sur les Plaines s’appelle la Commission des champs de bataille...