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Le combat Beterbiev-Barrera annulé

Agence QMI / Mathieu Boulay 

Publié | Mis à jour

Après plusieurs semaines de tergiversations, Sullivan Barrera a officiellement tourné le dos à son combat éliminatoire de l’International Boxing Federation (IBF) des mi-lourds contre Artur Beterbiev, jeudi en fin d’avant-midi.

C’est avant tout pour une raison financière que l’Américain d’origine cubaine (18-1, 13 K.-O.) a décidé de se désister un mois après avoir accepté l’invitation lancée par l’IBF.

Il faut résumer les faits. Yvon Michel et la promotrice de Barrera, Kathy Duva, ont pris part à un appel d’offres au New Jersey, le 2 février dernier. L’homme d’affaires québécois a eu le dessus sur son homologue en déposant une enveloppe de 251 000 $.

En raison de son classement, Beterbiev (11-0-0, 11 K.-O.) empochait 75 % de ce montant soit 188 250 $. De son côté, Barrera recevait un maigre 62 750 $ pour croiser le fer avec l’un des boxeurs les plus dangereux sur la planète.

Sans compter qu’il devait remettre 30 % de ce montant à son promoteur (18 600 $). Après avoir payé son entraîneur et son camp d’entraînement, il aurait reçu des «peanuts» pour le duel le plus important de sa carrière.

Selon ce que Le Journal de Montréal a appris, Kathy Duva a accepté de lui verser 12 000 $ supplémentaires pour satisfaire son protégé, mais celui-ci est demeuré sur ses positions.

En gros, Barrera a tenté de «bluffer» en acceptant la proposition de l’IBF en pensant que Michel, avec l’aide d’Al Haymon, allait mettre 600 000 $ sur la table. Du même coup, il aurait reçu environ 125 000 $ après ses dépenses.

Toutefois, il s’est fait jouer un tour lors de l’appel d’offres. Puis, pour améliorer sa situation, il a tenté de faire du chantage à sa promotrice.

Cependant, Duva n’avait pas les moyens d’allonger la somme que son protégé souhaitait recevoir au départ.

«Je n’ai jamais reculé devant aucun adversaire, a écrit Barrera sur Twitter. Ma feuille de route le prouve. La vérité sera révélée sur la place publique un jour. J’espère que je pourrai me battre bientôt.»

Un trou dans le budget de GYM

Joint en France où il brasse des affaires pour un de ses poulains, Yvon Michel s’est très extrêmement déçu de la situation.

«Barrera n’a jamais signé son contrat, a raconté le patron de GYM. Je crois qu’il vient de "choker" après avoir tenté de nous faire croire qu’il était brave et courageux.»

«Il vient de nous faire perdre un mois.»

Cette aventure a fait perdre environ 50 000 $ à Michel. En attendant, il est en attente de voir quelle décision l’IBF prendra pour son boxeur.

«Notre souhait serait qu’il devienne aspirant obligatoire tout de suite, a-t-il ajouté. Puis, on essayera de trouver un combat à Artur sur un autre gala de Premier Boxin Champions (PBC).»

Déception et incompréhension

Du côté de Beterbiev et de son entraîneur Marc Ramsay, c’est la consternation.

«On est très très déçus par ce qui arrive, a souligné Ramsay. Barrera était la suite logique pour la carrière d’Artur.»

«C’était la dernière étape avant qu’il se mesure à l’élite des mi-lourds à l’automne.»

Il a eu la chance de s’entretenir avec son poulain qui devait prendre à une séance d’entraînement cet après-midi.

«Artur ne comprend pas les raisons pour lesquelles Barrera a décidé de se retirer. Pour lui, ce n’est pas logique de voir une telle chose et ça ne fait pas partie de sa philosophie», a ajouté Ramsay.

Beterbiev continuera de s’entraîner au gymnase en attendant des nouvelles pour son prochain combat.