Boxe

Bute-Alvarez: un «thriller» de 4 rounds et demi

Bute-Alvarez: un «thriller» de 4 rounds et demi

Bernard Barré

Publié 27 février
Mis à jour 27 février

Après quatre rounds, la majorité des amateurs avaient une carte de pointage de 2-2, mais le mi-lourd naturel a tranché avec son avantage de poids. Eleider Alvarez devait peser 10 livres de plus que Lucian Bute sur le ring.

Il y a dix-sept divisions de poids en boxe professionnelle et ce n’est pas sans raison! Pour la deuxième fois chez les 175lbs, Bute a réalisé que l’impact des coups peut faire mal, très mal. Jean Pascal avait réussi à le mettre sur les talons onze rounds sur douze en 2014.

La sortie verbale du sympathique Marc Ramsay lors de la pesée officielle concernant l’adversité que Bute a eu durant sa carrière en a surpris plusieurs. D’accoler l’étiquette B à ses opposants de l’époque n’était pas une remarque innocente. Le clan Ramsay voulait provoquer Bute pour qu’il se présente sur le ring avec le couteau entre les dents et qu’il se porte en attaque, ce qu’il a fait, lui qui est généralement reconnu comme un «slow starter». Entrer dans les coups d’un adversaire plus pesant et au sommet de son art peut faire beaucoup de dommage. Alvarez avait testé ce coup à la fin du premier round avec succès au grand bonheur de son entraîneur et ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’il opte pour un transfert de poids percutant.

Depuis vendredi soir, les gens me demandent si c’est fini pour Lucian Bute. Lui seul connaît la réponse, mais avec un bon repos, un retour dans sa division naturelle des 168 livres, il peut être, selon moi, encore très compétitif. Ses deux derniers combats en championnat du monde l’an dernier en sont la preuve. Bute soufflera 37 bougies cette semaine. Il peut encore boxer et bien performer lui qui a toujours mené une vie d’athlète exemplaire et pris soin de son corps. Son erreur aura été de croire qu’il pouvait rivaliser contre un gros bonhomme.

Les gens doutaient d’Eleider Alvarez, de son calibre, de son classement, de son désir de gagner, de sa force de frappe, etc.... Faut-il rappeler qu’Alvarez a gagné le prestigieux tournoi panaméricain 2007 en passant le K-O au boxeur Cubain Napoles en finale. Faut avoir de la puissance dans les poings pour réaliser un tour de force comme ça. Adonis Stevenson devra le respecter.

À suivre en cette année de grand cru!

(Un texte de Bernard Barré)