Entrainement public de Eric Martel Bahoeli, Place Fleur de Lys, Quebec, 18 fevrier 2017. PASCAL HUOT/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI

Boxe

Vers un gala en Côte d’Ivoire

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Il y a quelques semaines à peine, le poids lourd de Québec Éric Martel-Bahoéli exprimait le souhait d’enfiler les gants au pays de ses origines, en Côte d’Ivoire. Ce qui pouvait alors ressembler à une folle ambition est déjà sur le point de se concrétiser, le pugiliste ayant l’appui direct du gouvernement ivoirien.

Celui qui sera opposé vendredi soir à Adam Braidwood en demi-finale du gala Bute-Alvarez, au Centre Vidéotron, pour le titre mondial de la WBU, évoquait le projet en Côte d’Ivoire au début du mois.

Depuis, les choses ont évolué à la vitesse grand V, à commencer par une visite à Québec du président de l’Assemblée nationale du petit pays africain, Guillaume Soro.

Alexandre Alcomar, le cousin de Martel-Bahoéli, a eu vent de la visite. Par le biais de l’ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Canada, il a obtenu une rencontre avec M. Soro.

Et il n’en fallait pas plus pour enclencher la grande séduction.

«On a eu le soutien du président, et tout le monde attend Éric là-bas. De mon côté, je pars en Côte d’Ivoire dans trois semaines, histoire de tout mettre sur pied, puis je reviens et on lance ça!» a expliqué le cousin et promoteur du projet.

Comme Didier Drogba !

Pour Alcomar, l’enthousiasme marqué du politicien, ainsi que le fait que les Ivoiriens raffolent de leurs héros sportifs, promet un retentissant tabac pour le gala qui devrait être présenté au début de juillet.

«Quand le président a rencontré Éric à Québec, honnêtement, il était stupéfait. Sans qu’on ne lui demande rien, il nous a dit: “Je m’occupe de tout”. Il veut le ramener en Côte d’Ivoire et je vous le dis, là-bas, il sera le Didier Drogba de la boxe, c’est sûr à 100 %!» s’est extasié le cousin en comparant le boxeur à la vedette mondiale du soccer.

Reste à fignoler quelques éléments, dont le lieu du combat. Mais tout indique qu’il pourrait avoir lieu au Palais des sports d’Abidjan, qui peut recevoir de 5000 à 7000 personnes.

«Il y a une culture de boxe, mais le problème, c’est qu’il n’y a pas de compétition, c’est sous-développé. Dans les années 1990, la boxe était un sport aussi populaire que le soccer dans le pays.

«Il n’y a personne actuellement dans le monde qui est originaire de la Côte d’Ivoire et qui a le niveau d’Éric dans la boxe. Personne ne peut raviver la boxe dans le pays à part lui», estime Alcomar.

Retour aux racines

Pour sa part, le pugiliste natif de Québec, mais dont le père est Ivoirien, y perçoit une rare occasion de transcender son sport tout en renouant avec ses racines.

«Si je peux redonner espoir à des jeunes en boxant pour les amener à prendre un chemin autre que de rester dans des bidonvilles, c’est un accomplissement. Ce n’est plus juste une intention, c’est rendu plus loin. On parle de redonner espoir à un pays au complet en faisant revivre la boxe», a conclu Martel-Bahoéli.