Boxe

Bute à fleur de peau

Agence QMI / Stéphane Cadorette

Publié | Mis à jour

Sans parler de vive déception, le promoteur Yvon Michel ne cache pas que la vente des billets pour le gala Bute-Alvarez n’est pas à la hauteur de ses attentes. Au point où une foule décevante, vendredi, au Centre Vidéotron, pourrait le forcer à regarder ailleurs.

«S’il y a 10 000 personnes, je promets que le combat entre Stevenson et le gagnant du duel Bute-Alvarez, je l’amène ici en septembre. Si on n’y arrive pas, c’est sûr qu’il faudra analyser les alternatives», a expliqué le patron de GYM, mardi, en marge de la dernière conférence de presse en présence de deux antagonistes de la finale à venir.

De récentes données ont démontré à Michel que si les gens de Québec ne sont pas nombreux au rendez-vous, ce n’est pas la métropole et le reste de la province qui s’amèneront en renfort pour grossir les foules.

«On a fait une étude et on a réalisé que lorsque l’on fait un événement à Québec, 95 % des gens qui achètent sont des gens de Québec. Les gens de Montréal ne viennent tout simplement pas ici pour les événements de boxe. Le marché est moins grand, et pourtant, on a rempli la place pour d’autres combats dans le passé», a-t-il indiqué.

L’effet nouveauté estompé?

Le promoteur d’expérience a encore bien en tête les foules de plus de 15 000 personnes qu’Interbox et GYM avaient réuni dans le vieux Colisée pour les galas Bute-Andrade (2009), Pascal-Hopkins (2010) et Bute-Johnson (2011).

Depuis, toutefois, les assistances ont chuté. Pour la carte Bute-DeGale en novembre 2015 au Centre Vidéotron, quelque 6000 personnes avaient répondu présentes. L’été dernier, pour Stevenson-Williams, il y a eu 4500 témoins.

Est-ce que le public de Québec se sent moins interpellé par les dernières offres dans sa cour ou est-ce l’effet de nouveauté qui se dissipe peu à peu?

«C’est inquiétant si c’est ça. Dans l’anticipation d’avoir une équipe dans la Ligue nationale, si les gens perdent l’intérêt après l’effet de nouveauté du début, ça va être difficile de faire vivre une équipe», s’est aventuré Michel avant de modifier le tir.

«On n’a peut-être pas trouvé le bon angle pour bien expliquer l’importance du combat Bute-Alvarez. Les gens ont réalisé la semaine dernière quel est le niveau d’importance.»

Mieux qu’ailleurs

Sans pouvoir lire dans l’avenir, Michel a tout de même insisté pour rappeler que Québec n’avait pas à rougir au chapitre des foules.

Le 18 février dernier, à Cincinnati, un duel attendu entre Adrian Granados et Adrien Broner n’a aimanté que 2000 personnes. Au Centre Bell, en octobre, la soirée mettant en vedette David Lemieux a attiré environ 3000 personnes. En juin, Artur Betterbiev avait attiré environ 2000 personnes.

«On a un partenaire avec le Centre Vidéotron, qui nous offre de super conditions qui nous permettent de rentabiliser l’événement, même avec un peu moins de monde.

«Aux États-Unis, 5000, c’est un gros succès, mais nous, ici, on compare avec ce qui s’est fait dans le passé. Cinq mille personnes, ce n’est pas méchant, mais j’ai encore espoir d’arriver à 10 000», a conclu Michel.

Voyez dans la vidéo ci-dessus les propos de Grant, de Bute et d'Alvarez ainsi que l'analyse de Bernard Barré.

Vous pourrez voir la pesée officielle en direct jeudi midi, au TVASports.ca et à TVA Sports 2.