Boxe

Dawson prépare Alvarez pour Bute...et Stevenson

Frédérique Guay

Publié | Mis à jour

C’est quand même spécial! C’est spécial de voir Chad Dawson, ancien champion du monde de la WBC chez les mi-lourds, sur le ring du gym Sherbatov...en tant que partenaire d’entraînement d’Eleider Alvarez.

Ce dernier, qui se prépare pour le combat de sa carrière face à Lucian Bute le 24 février prochain, avait besoin de boxeurs agiles et gauchers pour bien se préparer.

Voyez le reportage de Frédérique Guay ci-dessus. 

Marc Ramsay, l’entraîneur d’Alvarez, fut d’ailleurs surpris d’avoir pu convaincre Dawson de venir à Montréal.

«Ce type de boxeur ne fait pas de camp d’entraînement, mais comme il se préparait pour son combat contre Andrzej Fonfara, c’était une bonne occasion pour les deux.»

Montréal est un endroit qui rappelle de mauvais souvenirs à Dawson. C’est au Centre Bell, en août 2010, que l’Américain a perdu son premier combat en carrière. C’était au 11e round, par décision unanime technique, contre Jean Pascal.

C’est aussi au Centre Bell que Dawson a été victime de la force de frappe d’Adonis Stevenson, en juin 2013.

Rappelez-vous, ça avait duré 76 secondes! Dawson digère d’ailleurs encore mal cette défaite.

«J’étais pourtant en grande forme. Tout ce qu’il a dit avant le combat m’a tellement frustré. Au premier round, j’ai ignoré ce que me disait mon équipe et j’ai foncé sur lui, je voulais lui faire mal. Je n’ai jamais vu venir le coup. Et puis c’était fini. De mes quatre défaites, c’est celle-là qui a fait le plus mal. J’aimerais une revanche.»

Dawson n’a d’ailleurs pas une très haute estime pour la carrière du Québécois.

«Il est champion, on doit respecter ça, mais sa carrière est ennuyante. Les champions affrontent les meilleurs. Ce qui semble compter pour Stevenson, c’est de ne pas perdre sa ceinture, et non de la défendre. Il n’a pas affronté un vrai adversaire depuis notre combat. D’ailleurs, un combat revanche aurait une autre conclusion».

Y aura-t-il un jour une revanche? Pour ça, faudrait que Dawson continue de boxer. L’issue de son prochain combat contre Fonfara, le 4 mars prochain, déterminera s’il accroche les gants ou non.

«Je suis devenu pro à 18 ans. J’ai remporté le titre mondial à 24 ans. J’ai été le meilleur de ma catégorie pendant cinq ans. J’ai affronté les meilleurs. Je n’ai rien à prouver. Si je perds le 4, je verrai si je continue. J’ai quatre enfants, une superbe épouse, je ferai autre chose. Mais une chose est certaine, la décision d’accrocher mes gants sera la mienne.»

Il aimerait bien être entraîneur et transmettre son savoir.

Mais il se peut aussi qu’il remporte son pari contre le Polonais. D’ailleurs, selon Ramsay, Dawson est loin d’être un boxeur dont le talent s’effrite.

«Quand je l’observe de l’extérieur, je vois un gars hyper-talentueux, j’ignore s’il est bien entouré, mais quand je le regarde travailler je vois encore beaucoup de talent».

Alvarez et Dawson ont d’ailleurs failli s’affronter en juillet dernier. Mais blessé à l’épaule, l’Américain n’a pas pu prendre part à ce combat. Dawson reconnaît les qualités d’Alvarez : «bon boxeur, bonne technique, bon jab, intelligence.»

Il croit d’ailleurs que le Colombien devrait remporter son pari face au Roumain.

«Il devrait l’emporter. Il est plus jeune et plus fringant que Bute. Et s’il gagne, ça voudra dire que je l’ai bien préparé!»

Quant à un éventuel choc Alvarez-Stevenson, encore là, Dawson donne l’avantage à son partenaire.

«Stevenson n’est pas  un boxeur, il n’est qu’un gars avec une bonne gauche. Si Alvarez ne répète pas mon erreur et est patient, il l’emportera.»

Voyez l'entrevue intégrale ICI: 

 

Rencontre avec un ancien champion du monde - TVA Sports