Boxe

Un grand défi pour Butler

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On parle souvent de l’expression «ça passe ou ça casse» dans le monde de la boxe. Elle peut très bien s’appliquer à Brandon Cook qui affrontera le Montréalais Steven Butler, samedi soir, au Centre Bell.

L’Ontarien (17-0, 10 K.-O.) a tout misé pour être dans les bottines du gagnant à sa sortie du ring et surtout de quitter de Montréal avec les ceintures IBF Amérique du Nord et WBA-NABA des super mi-moyens autour de sa taille.

Voyez dans la vidéo ci-dessus notre reportage.

«J’ai placé tous mes oeufs dans le même panier, car c’est le plus gros combat de ma carrière, a souligné Brandon Cook lorsqu’il a rencontré les médias. Mon camp s’est déroulé à merveille et j’ai eu de bons partenaires d’entraînement.»

«Quand la cloche sonnera, il arrivera ce qui doit arriver, mais je n’aurai pas d’excuses.»

Sans entrer dans les détails, Cook a admis qu’il empochera la plus grosse bourse de sa carrière samedi.

Toutefois, il en a investi une partie pour embaucher un entraîneur de conditionnement physique et une nutritionniste pour arriver au sommet de son art.

Butler: une fiche montée?

Cook n’a pas attendu à la conférence de presse pour lancer ses premières flèches à l’endroit de Butler (18-0-1, 15 K.-O.).

«Il n’a pas eu le même niveau compétition que moi jusqu’à maintenant, a-t-il expliqué. Il faut regarder le calibre de ses adversaires lors de ses 10 premiers combats pour s’en convaincre.»

«Ça n’a rien à voir avec moi alors que j’ai dû en découdre avec des boxeurs plus coriaces.»

Il en a rajouté une couche sur Janks Trotter et Ferdinand Pilz qui ont affronté Butler dans la dernière année.

«Bien sûr, ils étaient invaincus, mais ceux-ci n’avaient battu personne de crédible avant de se frotter à lui, a-t-il affirmé. Ce que je sais, c’est que Butler n’a jamais affronté un adversaire comme moi et il s’en rendra rapidement compte.»

Congé sans solde

Après cinq ans chez les professionnels, Cook n’est toujours pas en mesure de vivre de la boxe. Le cogneur ontarien travaille à temps plein pour une compagnie spécialisée dans l’installation de portes et de fenêtres pour payer ses factures mensuelles.

Pour son duel contre Butler, il a pris un congé de six semaines sans solde.

«J’ai pris une chance, car mon patron ne veut pas que je prenne plus de trois semaines pour un combat. Pour celui-ci, il a accepté parce que c’est plus tranquille pendant l’hiver dans notre domaine», a raconté Cook.

À l’instar de plusieurs autres pugilistes ontariens, l’athlète de 30 ans n’est pas en mesure d’obtenir des commanditaires qui lui permettraient de se concentrer sur son sport de prédilection.

«Je me lève à 5 h tous les matins pour faire ma journée d’ouvrage avant d’aller au gymnase à raison de six jours par semaine. C’est comme cela depuis le début de ma carrière.»

«Parfois, je suis tanné, mais ce rythme de vie a forgé la personne que je suis aujourd’hui.»

Cook applaudit le départ du responsable de la Commission athlétique de l’Ontario Ken Hayashi. Il espère que son remplacement pourra changer la culture archaïque qui régnait chez nos voisins ontariens depuis plusieurs années.