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Brésil 2016

Les volleyeurs canadiens en quarts de finale

Denis Poissant / Le Journal de Montréal

Publié | Mis à jour

Au Canada, le volleyball prend autant de place dans le cœur des amateurs de sports que le hockey sur glace en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Mais ça pourrait bien changer un jour avec le succès phénoménal que connaît à Rio la troupe dirigée de main de maître par le Québécois Glenn Hoag.

Après les Américains en début de tournoi, ses hommes ont battu l’Italie lundi soir, une autre puissance mondiale du volleyball, en quatre manches (25-23, 25-17, 16-25 et 25-21) et ont mérité contre toute attente leur laissez-passer pour les quarts de finale.

Les Canadiens ont explosé de joie au terme de la rencontre qui se déroulait dans le «petit Maracana», plein à craquer pour l’occasion (12 000 personnes), car le Brésil jouait tout de suite après contre la France.

«C’est fou, c’est incroyable, c’est un rêve qui se réalise, a confié Hoag. On était dans le groupe de la mort, alors pour nous se qualifier c’est déjà un exploit majeur.»

Les États-Unis, le Brésil, la France et l’Italie, des équipes de premier plan, faisaient partie de ce groupe

Le Canada n’a participé aux Jeux olympiques que trois fois depuis que le sport a été admis en 1964. Sa dernière participation remontait à 1992 à Barcelone, où il a terminé au 10e rang sur 12 équipes.

Ancien joueur d’élite qui connaît une belle carrière d’entraîneur en Europe, Hoag a pris en charge l'équipe nationale il y a 10 ans. Des subventions annuelles d’un million $ du programme À nous le podium lui ont permis de bâtir une structure de développement efficace qui n’existait pas auparavant.

Maintenant, il en récolte les fruits mûrs.

«Une médaille, c’est faisable»

Le Canada peut même rêver d’une médaille, chose impensable il y a une décennie.

«Les équipes qu’on va rencontrer sont fortes, mais c’est faisable, a dit Hoag. On a connu un petit relâchement dans le troisième set et c’est ce qu’on devra absolument éviter contre les meilleures équipes. Dès que tu as une petite baisse de concentration contre ces clubs-là, boum, ils te sanctionnent.»

L’Italie avait quelques blessés et jouait sans pression lundi soir, sa participation dans la ronde éliminatoire étant déjà assurée.

Gavin Schmitt, un grand gaillard de 6 pieds 10 pouces et 234 livres qui fait carrière sur la scène internationale, a connu un match sensationnel même s’il était blessé. Ses smashes ont donné beaucoup de misère aux Italiens.

«Si vous l'aviez vu le matin du match, vous auriez dit que ce gars-là ne peut pas jouer. Il est "pété" de partout. Il joue sur les antidouleurs. Je ne m’attendais pas à ce qu’il fasse ça.»

«Ce n’est pas croyable, a dit pour sa part Schmitt. C’est gros pour le sport au Canada, ça va aider les gens à tomber en amour avec le volleyball.»

Un sport adoré au Brésil

Autour de lui, ses coéquipiers ont joué une défense inspirée, alerte et dynamique.

Il est dur de croire à quel point les gens adorent ce sport, ailleurs dans le monde. Au Brésil, la SuperLiga attire des foules considérables et les joueurs font plusieurs centaines de milliers de dollars par saison.

Durant le match du Brésil contre la France après celui du Canada, la foule était en délire. Il y a de l’ambiance comme au Centre Bell pour le hockey. En Pologne, c’est le sport national. Le sport attire plein de monde en Italie, en Turquie et en Russie.

Le fils de Hoag, Nicholas, qui joue sur l’équipe canadienne, a une douzaine d’offres d’équipes professionnelles sur la table. Il ira sûrement en Italie l’an prochain.

Schmitt avait le statut de vedette quand il jouait en Corée du Sud et il a remporté un championnat en Turquie l’an passé.

En ce moment, tous se défoncent pour le Canada.

«Si tout le monde est à son 100 %, oui je pense qu’on peut aller chercher une médaille», a dit Nicholas Hoag.