Crédit : COURTOISIE SÉPAQ/STEVE DESCHÊNES

Expédition faune

Cerf de Virginie : les pistes de solution

TVA Sports /  Stéphane Gosselin

Publié | Mis à jour

Notre article sur les résultats de la chasse aux cerfs de virginie au Québec pour la saison 2015 a touché une corde sensible chez plusieurs d’entre vous.

Comme promis, je vous reviens avec les derniers chiffres du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Parlons des derniers chiffres disponibles en date du 3 décembre.

À ce jour, il y a une différence de 10 000 cerfs entre les saisons 2015 et 2014 soit : 45 140 pour la saison de chasse qui est terminée et 55 312 pour l’année 2014. Essentiellement, c’est la période de chasse à la carabine qui a connu des problèmes.

Au niveau des ventes de permis, selon les derniers chiffres disponibles, toujours en date du 3 décembre, il s’est vendu moins de permis que l’an passé, soit tout près de 3 000; je parle ici des ventes de permis de résident. Cette différence de vente de permis en rapport avec la saison 2014 ne peut expliquer à elle seule pourquoi le taux de récolte a faibli. Il faut aller voir ailleurs....

J’ai pris soin de lire attentivement vos commentaires et suggestions; j’avoue que c’est très apprécié d’avoir l’opinion des chasseurs, ceux et celles qui se retrouvent sur le terrain, ceux et celles qui attendent souvent de longues heures dans la cache, ceux et celles qui dépensent des montants considérables pour la pratique de la chasse.

Sans avoir la pure vérité, je me permets une petite analyse et des suggestions pour le futur.

Je pense que la nature a joué un grand rôle cette année. Les saisons sont de plus en plus retardées ou trop précoces. L’animal peut être aussi mélangé dans les étapes qui mènent à la reproduction. Si le comportement des cerfs peu changer au gré du temps, le comportement et habitudes des chasseurs devraient aussi être adaptables - ou plutôt, les décideurs devraient permettre aux chasseurs de faire les choses autrement.

À mon humble avis, la chasse à la carabine devrait être prolongée de deux semaines, soit jusqu’à la fin novembre. En revanche, la récolte devrait se limiter uniquement au cerf de quatre pointes ou plus, et ce, pour tous les types d’engin de chasse. Il faudrait aussi laisser le tirage au sort pour les femelles.

En permettant la chasse en période de rut, le chasseur peut chasser pour de vrai, repérer les indices de présence de mâle adulte, suivre les grattés, utiliser les odeurs, urines, faire un appel efficace, faire du rattling...

Un sujet chaud... l’appâtage

Le but de cet exercice est d’attirer les chevreuils sur votre secteur de chasse et ensuite de les garder, mais.... Est-ce bon pour le chevreuil ? Devrait-on réglementer cette pratique? Est-ce que les chevreuils ont besoin de tonnes de carotte sur un même site? Quelle nourriture est le moins dommageable pour la santé du chevreuil : la pomme, le maïs, la luzerne? Un des problèmes est que, du jour au lendemain, après la saison de chasse, le chevreuil ne retrouve plus cette nourriture facile à trouver : il a donc délaissé pendant presque deux mois sa nourriture naturelle, qui lui donne les forces et le gras nécessaire pour passer l’hiver.

Existe-t-il une étude sur le sujet qui pourrait nous éclairer? J’avoue que ce n’est pas facile à gérer, cette histoire d’appâtage. Si au moins, il pouvait y avoir une bonne réflexion et trouver une façon de faire qui ferait l’affaire de tout le monde...

Je pense que le ministère devrait revoir, au moins en partie, la réglementation sur la chasse au cerf de virginie et, surtout, consulter les chasseurs, pourvoyeurs et autres intervenants du milieu.

Nous sommes mûrs pour un petit changement, pour le mieux, autant pour les chasseurs que pour les cerfs.